lundi 17 décembre 2012

Le dernier rêve des sportifs avant la fin du monde…

Film "2012"


Bon on est d'accord, on ne croit pas à la fin du monde. On sait que, Mayas ou pas, on sera encore tous là le 22 décembre ! Mais ce genre de sinistre prédiction, même ridicule, peut pousser à des questions existentielles du genre "Que serait ma dernière volonté si je devais mourir demain ?” ou, version Le cœur des hommes, "Qu'est-ce qu'on ferait si on était moins con ?" 


Quelques athlètes de haut niveau ont accepté de se prêter au jeu et de répondre à ma question : "Quel dernier rêve sportif réaliserais-tu avant de disparaître, si c'était la fin du monde le 21 décembre ?"


Ophélie David
skicross
«Avant la fin du monde, mon rêve sportif serait de glisser sur une vague magistralement belle et puissante... Ce que, bien sûr, je suis complètement incapable de faire (c'est le principe du rêve, non ?)
Mais pour être franche, j'ai l'impression de le réaliser souvent sur mes skis. La glisse offre de telles sensations que je me demande souvent : qu'ai-je bien pu faire pour mériter autant ! Quand, en plus, il y a les gens que tu aimes avec toi, c'est vraiment de beaux moments magiques !»

Frédérick Bousquet
natation, spécialiste du 50m
«Battre le record du monde du 1 500 m!!!! ;)»

Maurice Manificat
ski de fond
«Si c'était vraiment la fin du monde, il n'y aurait personne pour se rappeler de quoi que ce soit, donc aucun intérêt de se mettre la pression. J'irais juste me placer au bon endroit pour admirer la vue sur la fin du monde. Se mettre au sommet d'une montagne ce serait top! Monter au sommet d'une montagne c'est déjà un beau moment de sport.»

Bolade Apithy
escrime
«Alors si jamais la fin du monde était fin décembre, je pense que j'irais essayer la chute libre!! Ça fait très longtemps que j'ai envie d'essayer ce sport, mais je ne prends jamais le temps! Du coup, là, je serais un peu obligé de me lancer! Je pense que j'irais le 20 comme ça si le parachute ne s'ouvre pas, je n'aurais perdu qu'un jour ;-)»

Sébastien Lacroix
combiné nordique
«C'est une bonne question, je pense que j'aimerais gagner 1 coupe du monde avant le 21 décembre! Histoire de partir tranquille!»

Ladji Doucouré
athlétisme
«Y'a pas de compète en décembre, donc je ne peux pas répondre ! Bon, sinon, les Jeux me manquent… Donc que cette compétition.»

Robin Duvillard
ski de fond
«Si la fin du monde était vraiment le 21 décembre 2012... déjà je ne pourrais pas souffler mes 29 bougies le lendemain, donc ça serait pas de cul!! Non bien sûr qu'il y a plus grave, évidemment, et je ne sais pas bien ce que je chercherais à réaliser avant l'heure fatidique.
En tant que sportif, je crois que la peur de mourir, quand elle se présente, doit vraiment permettre de faire des choses incroyables, alors je pense que je serais "insuivable" pour mes adversaires sur les coupes du monde à venir!! Sauf si bien sûr, eux aussi sont au courant de la fin du monde!
Mais en tant qu'être humain, je crois que je claquerais tout mon fric pour aller voir avec ma copine un maximum de fabuleux endroits dont cette planète recèle, histoire de partir avec de belles images en tête (si on a le droit de les emmener avec nous)!»

Mathieu Bataille
judo
«Dur la question.... Je sais pas trop ... La fin du monde je suis comme Igor et Grichka j'y crois pas...!!! ;-)
Le rêve absolu ? La breloque olympique ... La seule qui me manque ...»

vendredi 14 décembre 2012

Votez pour vos coups de cœur de l'année 2012

© La Fabrique - BNSA

Salut à tous

L'idée en cette fin d'année n'est pas de copier les autres médias qui font élire le sportif et la sportive de l'année… Mais juste de revenir sur 2012 à travers les articles de ce blog. 
Qu'est-ce qui vous a le plus marqués ? Votez à droite, dans la colonne… Un clic par question !



Choisissez "la grosse interview olympique de l'année" que vous préférez parmi ces 4 longs papiers, issus de rencontres avec des sportifs qui préparaient les JO de Londres
Pour les relire :

Les "révélations", ce ne sont pas forcément des jeunes qui débutent ! Ce sont des gens qu'on ne voit pas si souvent dans les médias, mais qui parlent bien de leur discipline et que Spoportivement a voulu mettre en avant cette année. Quelle personnalité vous a le plus touchés ?

Chez les garçons : 

Chez les filles : 

Enfin, le papier évasion, c'est un article qui fait rêver ou voyager avec des sportifs de l'extrême…
• Jeff Dor au Norseman : 

Mais si un autre papier de l'année vous a beaucoup plu, en dehors de ces sondages, faites-le savoir en commentaires de cet article !!


mercredi 12 décembre 2012

Sophie Boilley : "dans le biathlon, j'aime le surpassement de soi nécessaire en ski et la maîtrise mentale nécessaire au tir"


La saison dernière, Sophie Boilley a fini 34e du classement général de la Coupe du monde de biathlon. A son palmarès : 4 tops 20 en individuels et surtout 2 victoires et 4 podiums en relais en équipe de France, avec qui elle a aussi été vice-championne du monde. 
Elle fêtera ses 23 ans mardi prochain. En attendant, elle participe à une épreuve de Coupe du monde, la dernière avant les fêtes, en Slovénie, à Pokljula.

Début octobre, je l'ai rencontrée à la journée presse de la fédé de ski. Interview.


© P. Leroy

Tu as de bons résultats en relais… L'équipe, ça stimule ?
Oui, parce qu'on est davantage que des collègues. On se côtoie de 150 à 200 jours par an. D'ailleurs, on forme une équipe mixte, parce qu'on passe tout notre temps avec les garçons. Cela fonctionne bien. On est soudés, on développe une bonne ambiance de travail… Ça se ressent sur les relais : on a vraiment envie de les faire ensemble.

En individuel, tu avances avec les JO de Sotchi en ligne de mire ?
Oui j'y pense, c'est un gros objectif. Plus : un rêve. Cela motive mon entraînement, où je vais avec beaucoup d'envie. L'an dernier était ma première année en senior, j'ai pris mes marques. Cette année, je veux consolider mes performances pour arriver au top en 2014. Mais les JO, ce sera une course d'un jour ! Il y a tellement de facteurs, le vent, la neige, qu'il est impossible de viser une place…  

Tu as regardé les JO d'été ?
Oui et cela a contribué à mon rêve ! J'ai suivi le VTT, par exemple… 

Le biathlon est toujours un sport très attendu, les gens espèrent des médailles dans les grandes compétitions. Ressens-tu cette pression ?
Je ressens l'attente des gens en relais, mais elle reste positive pour l'instant. Je suis stressée mais ça m'aide. L'émulation est efficace : je réussis mieux ! En individuel, en revanche, je ne ressens pas cette pression. La seule contrainte, c'est de faire de mon mieux.

© www.sophieboilley.com
Comment as-tu débuté ?
Je suis à la base passionnée de sport par ma famille. En 6e, j'ai intégré le collège sport-nature, section biathlon, à La Chapelle-en-Vercors, le village de Raphaël Poirée. C'était un peu pour suivre les copains. Mais j'ai vite aimé ça : le mélange entre la glisse et l'endurance, le surpassement de soi nécessaire en ski, la maîtrise mentale nécessaire au tir, comment se calmer, se concentrer au milieu d'une course, ne plus penser à rien…

Quelles qualités possèdes-tu pour ce sport ?
D'un point de vue technique, mon meilleur atout est le tir debout. Sinon, je suis une fonceuse. Et aussi, je m'amuse, je prends du plaisir ! 

Les voyages, les nombreux déplacements, ça t'amuse aussi ?
C'est une vie de privilégiée. Mais ça ne signifie pas tout le temps la belle vie. Cela fatigue aussi, on a besoin de beaucoup de repos en fin de saison. On passe notre temps dans les hôtels, loin de la maison, séparés de nos proches. Parfois c'est dur. Et heureusement il y a des grandes joies, de grandes rigolades avec les copines !

vendredi 7 décembre 2012

Loïc Costerg, pilote de l'équipe de France : "Le bobsleigh, c'est une véritable fête foraine"

Loïc Costerg © Rodrigue Mériaux
Jusqu'au 16 décembre, La Plagne organise des épreuves de Coupe d'Europe et de Coupe du monde de bobsleigh sur l'unique piste française, celle des JO de 1992. Il y a du B2 (bob à 2) et du B4 (bob à 4).

Une personne vit cet événement d'une manière particulière : Loïc Costerg. Natif de la station, et pilote de l'équipe de France, le jeune homme de 25 ans connaît bien les lieux. Mais, ayant à cœur de bien faire devant sa famille et ses amis, il doit gérer une pression accrue. Ouf, cela a bien commencé, hier, avec une 4e place dans la deuxième course de Coupe d'Europe (présentation ici). Interview.



 Team Costerg © Rodrigue Mériaux
Foncer sur une piste glacée dans une coque de métal. Voilà le principe du bobsleigh. Très spectaculaire de l'extérieur. Mais de l'intérieur ? Loïc Costerg est fan des sensations fortes que ça provoque.

« C'est exactement comme dans un grand 8. Plus on descend, plus on accélère et il est interdit de freiner avant la fin. La vitesse, ça donne le vertige au début d'une carrière de pilote. Puis on s'y habitue. Ensuite le plaisir vient surtout de la recherche des trajectoires. Cela dit, ce n'est pas confortable. Les pousseurs sont assis directement sur la carrosserie, sans mousse, ni dossier. Ils ont la tête baissée pour supporter la pression des virages. Et le bruit, très fort à 130 km/h, reste très impressionnant. Mais c'est quand même une véritable fête foraine ! C'est incomparable… » 
© Rasta Rockett

La principale image que j'ai de ce sport, c'est "Rasta Rockett". Quand je l'évoque, Loïc trouve ce raccourci un peu injuste. 
« Le côté positif, c'est que ce film a eu du succès et que, grâce à lui, les gens connaissent notre sport. Mais le négatif, c'est que ça donne une image légère d'un sport de loisirs. Alors que nous, nous revendiquons notre professionnalisme. »

Enfin, professionnel, pas vraiment. En France, on ne vit pas du bobsleigh. Seuls les bobeurs des grosses nations (Allemagne, Canada, Russie…) ont des statuts équivalents à ceux des skieurs : sous contrats avec des administrations (police, par exemple), ils sont détachés pour le sport de haut niveau et soutenus par une fédération solide et des sponsors… Loïc et ses coéquipiers, eux, restent loin de ça.
« On travaille ou on est étudiants. Moi, je suis technicien forestier. Je pars en compétition sur mes congés payés ou sans solde. Pour l'instant, le soutien de notre fédération est flou… Le bobsleigh français était dans un trou noir après 2006. Nous revenons depuis 2 ans seulement. Et on ne voit pas clairement où est l'aide de la fédé. »

Team Costerg © Rodrigue Mériaux
Si Loïc parle de professionnalisme, c'est parce que le bobsleigh demande un énorme investissement. Pour 4 mois de compétitions, de fin octobre à fin février, c'est 8 autres mois de préparation. 
« Le bob, c'est un sport mécanique et très physique. Il exige un parfait équilibre entre 3 aspects : la qualité du matériel, la poussée et le pilotage. »

Le matériel est en constante évolution. Il ne faut pas se laisser larguer.
« L'aérodynamique s'améliore d'année en année. Les carrosseries, les châssis ou les gommes subissent des révolutions incessantes. Mais, avec le monopole de certains fabricants, cela coûte très cher : un B2 neuf vaut 60 000 euros, un B4 vaut 90 000 euros, sans les patins. Nous, quand on n'a pas les moyens, on fait du neuf avec du vieux ! On profite souvent de la fin de saison pour effectuer des tests et améliorer notre matériel. »

© Rodrigue Mériaux
La poussée se joue d'abord avec le choix de l'équipage sur des critères physiques de vitesse et de force. Un physique qu'il faut entretenir.
« Les pousseurs ont tous moins de 26 ans. Ce sont des athlètes de bon niveau qui courent le 100m en moins de 11 secondes. L'été, nous travaillons notre forme : sprint, musculation. On répète les poussées avec un chariot, sur un rail, sur une piste en tartan. »
Le poids lui fait partie intégrante du règlement. Au total, un B2 ne doit pas dépasser 390 kilos, un B4 ne doit pas dépasser 630 kilos. 
« En descente, plus le bob est lourd, plus il va vite. Mais si nos corps sont trop lourds, on pourra moins lester le matériel et ça pose problème pour la sécurité. Bref, le juste milieu, c'est d'avoir un poids de 100 à 105 kilos. »

Faut-il être amis pour être performants, en bob ?
« Il vaut mieux ! L'hiver, on passe quand même 4 mois ensemble, presque 24 heures sur 24. Notre force collective compense largement nos lacunes physiques par rapport à nos concurrents. Les pousseurs viennent du même club d'athlé, à Grenoble, où ils pratiquent le relais. On a aussi embauché un franco-italien avec qui le courant passe bien. Tout cela nourrit la confiance entre nous. Or, la confiance, ça s'avère très important en bob. »

© Rodrigue Mériaux
Reste le dernier aspect, le pilotage. Cette responsabilité (c'est le pilote qui marque les points en compétition) incombe à Loïc. Principale exigence : la bonne connaissance des tracés.
« B2 et B4 confondus, le règlement permet au maximum 6 descentes d'entraînement. Et on ne part pas tout de suite du sommet… Donc on fait peu de descentes complètes. Il faut impérativement avoir reconnu le tracé avant, en le parcourant à pied ou à l'aide de vidéos. Je l'apprends par cœur et j'élabore un plan, idéal, que je répète avant le départ. Mais ensuite, si j'aborde un virage différemment que prévu, je m'adapte, je sors le plan B !»  

Loïc, le plus âgé de l'équipage, est le premier à avoir pratiqué le bob. Il cumule donc 2 mandats : pilote et capitaine de l'équipe. Des rôles qu'il endosse avec lucidité.
« L'expérience est fondamentale pour piloter en toute sécurité. Il faut attaquer une descente seulement si on y est préparé. Si on maîtrise la vitesse, il n'y a pas de danger, les grosses chutes sont rares. Mais si on ne s'en sent pas capable, on n'y va pas. Il n'y a pas de mal à renoncer. »


CV de la Team Loïc Costerg, équipe de France de bobsleigh

La Team Costerg forme l'équipe de France de bobsleigh. Elle a évolué en Coupe d'Europe l'an dernier. Cette saison, elle est en Coupe du monde. Son but : progresser pour finir dans le Top 50 de la saison 2013-2014 afin de se qualifier pour les JO de Sotchi.

 Team Costerg © Rodrigue Mériaux

De gauche à droite sur cette photo :

Romain Heinrich -  22 ans Alsace
Club : CBLS La Plagne
Métier : ingénieur Grenoble INP, étudiant Master Administration d'Entreprise à l'IAE de Grenoble.
Discipline : lancer du poids, pousseur freineur
Record : 16m33
Palmarès : champion de France universitaire en titre (2012) au lancer du poids, vice-champion de France espoir du lancer du poids 2011 et 2012, 14e au championnat de France élite.
Trophée de meilleur espoir FFSG 2012


Loic Costerg - 25 ans - Savoie
Club : CBLS La Plagne

Métier : technicien forestier à Coforet (74)
Discipline : pilote de bobsleigh, début en 2008, premières compétitions internationales en 2010
Palmarès : 5e aux championnats du monde junior en B2. 38e au classement mondial FIBT combiné en 2011-2012 (meilleur équipage francais). Trophée de Meilleur Espoir 2012 FFSG
Qualifié en Coupe du monde saison 2012-2013.

Ivan Invernizzi - 23 ans  - Franco-Italien
Club : CBLS La Plagne
Métier : étudiant en sciences politiques
Discipline : sprint 110m haies. 
Record : 14sec49

Florent Ribet - 23 ans - Isére
Club : CBLS La Plagne
Métier : Etudiant à l'IAE de Grenoble - Master Entrepreuneuriat 
Discipline : sprint 100m et 200m, pousseur freineur
Record : 200m 21'48, 100m 10'74
Palmarès : 4 sélections en équipe de France jeune, champion de France cadet 200m, 3e au championnat de France Junior 200m. Plusieurs fois champion de France jeune sur 4x100m.

Damien Mech - 24 ans - Isére
Club : CBLS La Plagne
Métier : commercial en mobilier de bureau
Discipline : sprint 100m
Record : 10'89
Palmarès : 1 sélection en équipe de France jeune. Plusieurs fois champion de France jeune sur 4x100m. Vice-champion de France du saut en longueur cadet.

Jérémie Boutherin - 23 ans - Isére
Club : CBLS La Plagne
Métier : Commercial en matériel d'outillage
Discipline : sprint 100m, pousseur freineur
Record : 10'88
Palmarès : plusieurs fois champion de France jeune sur 4x100m.

L'équipage est :
Vice Champion de France de B2 2010
Vice Champion de France de B4 2010
(pas de championnats de France en 2011)
4émes des championnats du monde Juniors 2011 de B2 et 10émes en B4

Pour cette saison :
Lake Placid: 20e en B2 et 23e en B4
Park City (Salt Lake City) : 18e en B2 et 24e en B4
Whistler (Vancouver) : 19e en B2 et 21e en B4

Team Costerg @ Rodrigue Mériaux