samedi 10 novembre 2012

Mathide Serin, championne de kitesurf : "en freestyle, on réalise une véritable chorégraphie et on s'évade"


Mathilde Serin, 23 ans, est la toute nouvelle championne de France de kitesurf. Un sport-passion qui lui permet de concilier tout ce qu'elle aime : les sensations, sa famille et les voyages… Interview toute gaie.


Elle se définit comme souriante et volontaire. Compétitrice dans l'âme, voulant toujours se mesurer aux autres. Elle dit aussi qu'elle aime prendre l'avion, découvrir de nouvelles cultures, jouer au tennis, faire du surf et du paddle, et naviguer sous le soleil… Elle parle d'un ton enjoué, avec une pointe d'accent méridional, et on la devine bavarde. Mais pour définir son sport, Mathilde n'a qu'un seul mot. 
« La liberté ! Cette sensation est bien supérieure qu'en planche à voile, où on a la voile devant les yeux. En kitesurf, il n'y a rien devant soi, juste la mer. Belle, apaisante. On oublie systématiquement les tracas du quotidien. »
La jeune fille a déjà touché au kitesurf slalom - parcours entre 7 bouées - et à la race - sorte de "régate". Mais c'est en freestyle, sa discipline préférée, qu'elle a été sacrée championne de France.
« Le freestyle est le plus spectaculaire. Il faut enchaîner des figures dans un heat (ndlr : une série) de 7 minutes. On s'envole ! Et quand on pose ces figures, qu'on a visualisées dans sa tête avant, on réalise une véritable chorégraphie, un peu comme en patinage artistique… Alors on s'évade réellement. » 
Le championnat de France a eu lieu à Saint-Pierre-la Mer, dans l'Aude. Mathilde, qui vit à un quart d'heure, jouait à domicile ! 
« Je connaissait la tramontane, difficile à gérer à cause de sa violence et de son irrégularité.  Donc c'était un avantage. Mais j'avais aussi plus de pression. J'avais tellement envie de bien faire dans cette région ! »
Plus qu'une région, une terre natale, là où tout a commencé. Originaire de Béziers, Mathilde a débuté le sport dans le sillage de ses parents.
« Ils faisaient de la planche à voile et du kite. Ils m'ont initiée à l'âge de 13-14 ans. Mon frère Paul aussi ! Après avoir été champion de France junior l'an dernier, il est 5e chez les seniors cette année. Lui et moi, on s'accompagne souvent dans les compétitions. Je voyage aussi avec mon copain, Julien Kerneur, n°3 mondial en race. Voyager ensemble s'avère plus pratique, plus facile… Et bon pour le moral ! On n'a pas de coach, mais au moins on a les proches. Chez moi, on est très famille alors c'est important. » 
Ces voyages mènent souvent Mathilde loin de sa mer Méditerranée. Le circuit s'arrête par exemple dans les pays d'Europe du Nord où le kite-surf est populaire et où les fédérations ont des moyens.
« On va souvent en Allemagne, en Hollande… Il y fait froid, c'est horrible ! Attendre sur la plage entre les heats, toute mouillée, dans le froid… je déteste ça ! »

Heureusement, Mathilde va aussi chercher vers le Sud les conditions optimales pour le kitesurf : un vent de 20 nœuds, des eaux à 25 °C, une mer relativement plate… Elle a aimé le Maroc, prépare une escapade en Afrique du Sud en février 2013 et rêve d'aller un jour à Hawaï. Mais surtout, elle est sous le charme du Brésil. Depuis trois ans, elle passe les fêtes de fin d'année à Icarai de Amontada, au nord du pays, où un ami français est installé. 
« Là-bas, il a toujours fait beau. Le mode de vie est tranquille, sans stress. Le matin, quand le vent se lève, j'ai juste envie d'aller à l'eau… Et je ne suis jamais déçue. L'an dernier, pendant 20 jours, j'ai toujours eu du vent… J'en venais même à souhaiter qu'il faiblisse, ne serait-ce qu'une demi-journée, pour me reposer ! »
Cette année, quand elle sera de nouveau au Brésil, elle essaiera de faire une vidéo avec son frère Paul. Pour l'instant, ils cherchent LA bonne idée de scénario. Le but ? Mieux communiquer sur son sport. 
« Les garçons du top 10 mondial peuvent vivre du kitesurf. Chez les filles, c'est beaucoup plus difficile. Seul le top 3 mondial est pro. Comme nous n'avons pas le statut de sportif de haut-niveau, la fédération ne peut pas nous aider. La quête des sponsors est donc essentielle… Il faut faire rêver, par exemple en faisant des photos en maillot de bain ou en réalisant des films qui font le buz. Moi j'ai assuré mes arrières en suivant un cursus de kiné à Limoges, je suis en dernière année. Mais je veux m'accorder un an pour tenter réellement ma chance dans le kitesurf. La partie recherche de financements ne sera pas une partie de plaisir car moi, ce que j'aime vraiment, c'est naviguer. »

© photos appartenant à Mathilde, publiées avec son autorisation

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