mercredi 21 novembre 2012

Johan Clarey : "L'expérience, ça enlève de la folie mais ça apporte du confort"


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En ski, c'est parti pour les équipes masculines de vitesse ! Les premiers entraînements officiels commencent aujourd'hui à Lake Louise, au Canada. L'épreuve de descente de Coupe du monde est prévue samedi, précédant un superG dimanche. L'équipe de France est arrivée lundi au célèbre château de Lake Louise, leur lieu de villégiature cette semaine. 



Parmi les Bleus, Johan Clarey, 31 ans, auteur d'une très belle saison 2011-2012 en descente : six top 10 en Coupe du monde, une 10e place au classement général, une 8e place aux Mondiaux.

Je l'avais rencontré à la journée presse de la fédé, début octobre à Paris. Interview d'un homme souriant qui partage, les yeux brillants, sa passion pour son sport.


Pourquoi avoir choisi la descente ?
Je ne l'ai pas choisie, elle est venue à moi ! Chez les juniors, j'avais plutôt un profil de slalomeur. Mais en 2001, j'ai fini 4e des Mondiaux juniors en descente et c'est par cette discipline que j'ai intégré l'équipe de France… 

Quelles sensations ressent-on ?
© P. Leroy
C'est énorme : on vit tellement de choses en seulement 2 minutes ! Avant le départ, on ressent de la tension. Penser à la piste et au danger génère du stress. La descente en elle-même est extrêmement grisante. C'est palpitant ! Et juste après, on éprouve la satisfaction d'avoir tout maîtrisé.

Tu as 31 ans. La maturité est un atout ?
La folie de la jeunesse nous met le trouillomètre à zéro et nous envoie souvent à l'hosto ! Alors oui, avoir de l'expérience est un plus. Cela donne une plus grande connaissance des pistes, un meilleur contrôle des passages-clés… En enlevant cette folie, cela apporte du confort pour courir. 

Quelle est ta descente préférée du calendrier ?
Beaver Creek (ndlr : aux Etats-Unis, prévue la semaine prochaine). J'adore ! Techniquement, elle est complexe, elle engendre beaucoup de vitesse, des gros sauts. Ce n'est que du bonheur ! En 2e, je mettrais Kitzbuhel, en Autriche : elle est mythique.

L'an dernier, tu étais en tête de la descente de Val Gardena quand la course a été stoppée pour raisons météo et annulée. Est-ce que ça reste une blessure ?
Non pas vraiment. Evidemment, j'ai ressenti une grosse déception parce que, pendant un moment, je m'étais vu gagner. Mais ce que je retiens, c'est que j'avais fait une belle course et que cela représente un espoir pour la suite.

C'est quoi la suite idéale ?
@ page d'accueil du site Internet 
Gagner une épreuve de Coupe du monde. J'en rêve depuis tout gamin, quand je regardais Luc Alphand. C'est envisageable ! J'ai été régulier l'an dernier. Bon, en même temps, c'est difficile de tirer des plans sur la comète… Pour réussir, il ne faut pas avoir de pépins physiques.

Il y aura des Mondiaux, en février à Schladming (Autriche), en 2013. C'est un lieu surtout connu des slalomeurs…
On y a couru une descente pour la première fois de cette année. C'était en mars, les conditions étaient faciles. Pour les Mondiaux en février, ce sera plus glacé, donc plus dur. Mais on sait déjà que ce sera beau, car les Autrichiens forment un public magnifique !

Tu entends le public en course ?
Un petit peu au départ. Mais pas en pleine vitesse ! On n'entend alors que le vent et le crissement des skis sur la neige…

Les JO de 2014, ça t'évoque quoi ?
Un but. A Vancouver, en 2010, je n'étais pas au niveau d'une médaille, je n'étais pas prêt. Si je continue à progresser et à m'amuser, je peux envisager Sotchi. En plus, la piste me plaît. 

Est-ce que, dans les JO d'été à Londres, tu as vu des choses qui t'ont inspiré, qui te permettent de tirer des leçons sur ta préparation d'ici à Sotchi ?
J'ai surtout aimé ces Français qui étaient archi-favoris et qui ont gagné. Ils n'ont pas craqué sous la pression. Pour parvenir à la même chose, personnellement, je m'entraînerai avec le même sérieux que les années précédentes… et je chercherai peut-être un petit truc en plus.

Pour parler d'un futur encore plus lointain… Dans l'idéal, tu te vois courir jusque quand ?
2015. Les Championnats du monde auront lieu à Beaver Creek. Et les finales de la Coupe du monde à Méribel ! Après ça, je pourrai prendre ma retraite.

2 commentaires:

  1. Merci de cet article, je ne connaissais pas ce skieur

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  2. Voilà un skieur humble et avec un sacré mental... il a envie de réussir et je suis certain qu'on va entendre parler de lui pendant les championnats du monde...
    Bonne préparation à lui.

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