mardi 20 novembre 2012

Coline Mattel : "Je veux mener une vie de sportive de haut niveau, plutôt qu'une vie d'ado"

Coline à Lillehammer © photo de son facebook
Vendredi, ce sera l'ouverture de la Coupe du monde de saut à skis à Lillehammer, en Norvège. Coline Mattel, 17 ans depuis le 
3 novembre, est n°1 de l'équipe de France féminine. Championne du monde junior en 2011, elle a eu la médaille de bronze aux Mondiaux seniors. En Coupe du monde, elle a fini 10e du classement général.

Je l'ai rencontrée lors de la journée presse de la fédé début octobre à Paris. Interview d'une jeune fille impressionnante de détermination.

Tu as commencé à te faire connaître à 13 ans, tu détiens plusieurs records de précocité. Mais en grandissant, tu ne pourras plus marquer ton sport de la même façon… Comment le vis-tu ?
Je suis toujours une compétitrice. J'ai toujours voulu être devant. Pas pour l'image que ça renvoie. Mais pour la performance. Pour me faire plaisir, il faut que la compétition soit alliée aux sensations fortes. Mon tempérament est ainsi fait ! Je gagnerai encore même si je ne peux plus prétendre être "la plus jeune à…" 

© facebook Esprit Glisse Caisse d'épargne
Tout le monde parle de ton mental très solide… Tu l'as encore aiguisé ?
Oui, je travaille un peu ce domaine, seule. J'ai vu 2 ou 3 fois une préparatrice mentale mais je n'y suis pas retournée… Je pratique la visualisation mentale. Mais surtout, au quotidien, je me force aux sacrifices nécessaires pour le saut. Je galère, parfois, avec cette histoire de sacrifice ! Avec le concept de "ça ne vaut pas le coup de manger des chips devant la télé". Dans ma tête, c'est clair, je ne doute jamais de ce qu'il faut faire. Mais ça peut devenir très dur à appliquer…

Tu continues tes études. Comment organises-tu ton emploi du temps ?
Le principe en sports-études, c'est de manquer le moins d'école possible et aussi de ne pas annuler de compétition pour aller en cours. Mais c'est souvent difficile de garder le rythme… Enfin, j'ai préparé mon bac scientifique en 4 ans et je dois passer les épreuves en juin prochain. Cela représentera un sacré cap, un poids en moins !

Et ensuite ?
Je ne veux pas arrêter, je veux garder un pied dans les études car j'aime ça, j'ai besoin d'être occupée au quotidien. Et je sais que ce serait difficile d'y revenir seulement à 30 ans ! J'aimerais faire une école de théâtre. 

au pavillon Gabriel le 8 octobre © P. Leroy
Tu penses déjà aux JO de Sotchi ?
Oui, ils seront marquants : ce seront les premiers Jeux olympiques pour les filles. C'est une motivation. Quand j'hésite entre raison et plaisir, Sotchi est ce qui me fait pencher vers la raison ! Je me dis "j'y serai et j'y gagnerai".

C'est donc ton objectif principal ?
Oui à moyen terme. Mon objectif en général c'est de gagner… Mais avant tout, je veux être au top à côté du saut. Je veux être sérieuse, mener une vie de sportive de haut niveau plutôt qu'une vie d'ado. Si j'y arrive, le reste viendra tout seul, j'enchaînerai les podiums. Il faut donc que je règle ce problème qui me reste, celui de l'autodiscipline, du professionnalisme. 

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