jeudi 27 septembre 2012

des sportifs nus pour la pub !!

Mercato, c'est une rubrique qui explore le sport côté marques, sponsoring, business…

Renaud Lavillenie, Martial Mbandjock, Kevin Mayer et Romain Barras = 4 athlètes à poil dans un clip de la marque de sous-vêtements Athena avec le slogan "Soyez décontracté du boxer" ! 
Ce spot sera en compétition la semaine prochaine à Paris pour le concours européen des campagnes de pub : Trophée Top Com
.

Le nageur Camille Lacourt dans une pub italienne pour Edison, fournisseur d'énergie.



Le palmarès d'un sportif ne fait pas toujours la valeur d'un homme

Bon je ne connais rien à la vérité sur les paris truqués et les soupçons sur certains handballeurs de Montpellier. Cette affaire m'inspire juste un commentaire… C'est très difficile de dissocier la performance et la valeur humaine d'un sportif. Quand on a vraiment rêvé en regardant un champion sur un terrain, c'est très douloureux de réaliser que l'humain qui se cache derrière a de gros défauts !

Oui, ça ferait mal d'imaginer que son idole soit un gros con. Que de grandes stars du foot français aient un jour été des obsédés sexuels. Qu'un tennisman qu'on adore en Coupe Davis ait quelques penchants racistes. Qu'un cycliste attachant soit dopé. Qu'un nageur extravagant ait des opinions politiques contraires aux nôtres. Qu'un athlète talentueux soit une brute épaisse. Ou que des handballeurs multiples médaillés aient été corrompus par l'appât du gain. 

Oui ça ferait mal. Pourtant ces choses sont possibles. Chaque sportif cache des faiblesses puisque personne n'est parfait. Chacun a son "passager noir". On ne peut jamais aimer quelqu'un à 100%. Mais le chauvinisme à la française nous pousse souvent à l'oublier. Nous plaçons les champions sur un piédestal. Du coup, au premier scandale, la déception est féroce et la chute, rude.

Ayons donc l'esprit critique un peu plus aiguisé à l'avenir. Pour ne pas, après avoir adulé une performance, jeter aux orties, au moindre faux pas, l'homme qui l'a accomplie… A l'inverse, sachons reconnaître et mieux mettre en valeur les gens bien, même s'ils ne montent pas sur les podiums. 



mercredi 26 septembre 2012

Jean-François Dor : le blues du Norseman




Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo


Depuis le 1er septembre, le magazine Intérieur Sport propose "L'enfer du Norse", un sublime reportage consacré au Norseman, un triathlon de l'extrême en Norvège. Au programme : 3,8 km de natation dans un fjord à 13°C, 180 km de vélo avec plusieurs cols et 42 km de course à pied dont une montée finale très raide. La compétition a eu lieu le 4 août. Les journalistes de Canal+, Marc Sauvourel et Fabien Duflos, ont suivi quatre concurrents français. Parmi eux, Jean-François Dor, un triathlète amateur de 34 ans qui a vécu, au Norseman, la plus belle journée de sa vie. Je l'ai appelé cet après-midi. L'interview devait durer 15 minutes, elle en a duré 55. Frissons garantis.

« Depuis 2 mois, je dors Norseman, je mange Norseman, je n'arrive pas à décrocher. Le Norseman est une expérience unique, une autre planète, un truc d'extra-terrestre. Ces 15 heures ont été ma plus grande émotion. Je peux dire ça car je ne suis pas encore papa. Je regrette que ça soit fini. Là, les gens commencent à moins en parler, les souvenirs s'atténuent. Moi, j'ai toujours envie d'être à fond ! Je regarde la vidéo d'Intérieur Sport une fois par jour. J'en ai des larmes aux yeux. J'aurais voulu que ça ne s'arrête jamais. »

http://www.flickr.com/photos/nxtri/
Jean-François est intarissable, il pourrait parler du Norseman pendant des heures. Il évoque les paysages magnifiques, la parfaite organisation… Mais surtout le souvenir laissé par ce ferry qui, tôt le matin, emmène les concurrents au départ de la course, au milieu du fjord. « On a passé 2 heures sur ce bateau. Tout le monde était très très stressé, comme si on partait à la guerre. Je n'avais jamais eu peur avant un triathlon. Mais là, j'avais peur. Et en même temps, je pensais "J'y suis". Pour partir, on saute du pont du ferry, à plusieurs mètres de haut. Il fait nuit, l'eau est froide et noire, on n'y voit rien… C'est un décor presque hostile. Mais c'est extraordinaire. Moi qui, d'habitude, aime voyager dans les pays chauds, je suis surpris d'avoir été autant chamboulé par un  milieu si étrange. » 

© http://www.flickr.com/photos/nxtri
Jeff finit la natation en 1h19, sa meilleure perf. La suite en vélo et à pied, au milieu des montagnes, n'est pas facile… Le final en côte à 10% est une tuerie. En manque de jus, Jeff n'obtient pas le tee-shirt noir, récompense attribuée aux 160 premiers de l'épreuve. Il prend le t-shirt blanc des "finalistes". « Au fond de moi, ce résultat, je le vis un peu comme un échec parce que, avec tout ce que j'ai traversé dans ma vie, je voulais faire mieux. Mais c'est intime… Finalement, mon principal objectif, celui d'aller au bout, je l'ai réalisé. »  

A regarder son palmarès de triathlète, vide, on se demande ce que Jeff était allé faire dans une aventure pareille. « C'est vrai, je n'avais jamais fait d'Ironman. Mon meilleur résultat en triathlon longue distance est une 40e place ! J'ai commencé seulement en 2008. Je suis un ancien footeux. Je me suis mis à faire beaucoup de vélo, 9 000 bornes en une année, lors de la rééducation d'un genou. Je me suis inscrit à un triathlon pour voir… et je n'ai plus arrêté. » 

C'est en feuilletant sa revue de chevet, Triathlète magazine, que Jeff avait découvert le Norseman l'an dernier. Le reportage-photo sur l'édition 2011 le séduit. Il s'inscrit. « C'était le truc impossible à faire, alors il fallait que je le fasse. Mon besoin de me surpasser est né, au départ, d'un manque de confiance en moi… Puis c'est devenu mon tempérament. Plus les gens disaient "vous êtes fou de vouloir faire le Norseman", plus ça me donnait envie d'y aller! »

Pour préparer le  Norseman, Jeff, qui ne fait pas les choses à moitié, avait révolutionné sa vie et changé de boulot, en juillet 2011. « Je suis passé d'un job de bureau à un poste en usine. L'intérêt, c'est les horaires en demi-journées, qui m'ont libéré du temps pour les entraînements. J'ai pu assurer 10 à 20 heures d'entraînement par semaine. Avec l'aide d'un nutritionniste, j'ai perdu 15 kilos en 4 mois. J'ai aussi perfectionné ma nage avec une maître-nageuse. J'avais donc beaucoup progressé avant d'arriver en Norvège. » 

© J.-F. Dor
10 mois de préparation, donc, auxquels Jeff a repensé pendant l'épreuve, quand la difficulté devenait trop lourde. « On n'abandonne pas. On sait qu'on vit un truc énorme. Alors on n'abandonne pas », raconte Jeff. « Et puis surtout, on est encouragé, tout le temps, pendant 15 heures. J'avais ma campagne à mes côtés, tous les gens de l'organisation, la personne qui te tend la main à la sortie de l'eau… Et les potes. » Avant l'épreuve, les deux journalistes de Canal + et les quatre héros qu'ils ont choisis pour leur film passent une semaine ensemble, histoire de faire les premières prises de vue. « On a accroché tout de suite et on a créé notre bulle. On s'est exclus des autres concurrents français, qui nous ont sans doute un peu jalousés… C'est probablement exagéré de dire qu'on forme une famille. Mais en tout cas, c'est de l'amitié. On a vécu dans un cocon. On prenait des nouvelles les uns des autres pendant le parcours. Je pensais à eux : indirectement, ils m'ont soutenu. Humainement, c'était très très fort. » 

© J.-F. Dor
Après tant d'implication avant l'épreuve, et tant d'émotions pendant, le retour à la vie normale a été très compliqué pour Jeff. « Le Norseman est déjà épuisant. Et moi, en août, j'ai enchaîné sur d'autres triathlons. Résultat : je suis cramé physiquement. Surtout, j'ai eu un gros creux mental, un gros coup de blues. Je suis encore sonné aujourd'hui. Après une telle expérience, le reste paraît fade ». A présent, le seul objectif de Jeff est d'organiser toute sa vie pour revivre des moments pareils. « Je dois réfléchir à beaucoup de choses. Quel travail faire pour concilier ma passion du triathlon, ma vie perso et le temps nécessaire pour m'entraîner ? A quelles épreuves m'inscrire pour retrouver la même adrénaline ? C'est le flou pour l'instant… »

Avec le Norseman, Jeff a définitivement acquis une certitude : « J'ai trouvé mon sport et je ne le changerai pour rien au monde. L'esprit du triathlon, c'est celui de l'égalité. La jeune fille de 20 ans, un vieil homme de 77 ans, un handicapé… Tous logés à la même enseigne. Et le manque de médiatisation de notre sport ne sera jamais un problème si ça permet de garder cette âme intacte. Le Norseman m'a ouvert grand les yeux sur ces valeurs. Je rêve désormais de les partager. J'ai envie d'aider les jeunes, d'encourager les para-triathlètes… » 


© J.-F. Dor
© J.-F. Dor






mardi 25 septembre 2012

pour Adidas, l'important c'est Derrick Rose

Mercato, c'est une rubrique qui explore le sport côté marques, sponsoring, business…



La semaine prochaine, le 4 octobre exactement, Derrick Rose fêtera ses 24 ans. Ce grand bébé de 1,91 mètre et 86,2 kilos est basketteur chez les Chicago Bulls.

Sa carrière de meneur a décollé très tôt. Il est drafté en NBA en 2008. Dès la fin de saison, il est élu Recrue de l'année. Il remporte le Mondial 2010 avec la sélection américaine. Sa progression continue jusqu'à la fin de saison 2010-2011 où il reçoit le titre de MVP (meilleur joueur de l'année). A 22 ans, c'est un record… 

Mais la belle histoire connaît un coup d'arrêt dans la saison 2011-2012 à cause de plusieurs blessures. En avril 2012, le verdict est sans appel : rupture complète des ligaments croisés du genou… Pour le joueur, cela signifie 8 à 12 mois loin des parquets. « C'est la chose la plus proche de la mort, de mon point de vue », a-t-il déclaré. 

Dans son malheur, et la solitude de la rééducation, le jeune joueur peut compter sur un soutien de poids : celui de son sponsor Adidas. L'équipementier avait déjà réalisé de beaux spots pour les chaussures à marque DRose. Mais là, Adidas va plus loin avec une campagne appelée The Return, qui va suivre Derrick jusqu'à son retour, espéré pour février 2013. Récemment, le jeune joueur a fondu en larmes en conférence de presse pour la présentation de cette opé… Preuve de la difficulté de l'épreuve qu'il traverse. 



Le clip "Wake up", présenté aujourd'hui… c'est ici :

vidéos Adidas sur la rééducation


Derrick Rose en larmes en conf de presse

spot de septembre 2011

lundi 24 septembre 2012

mon top 8 des chants de supporters de foot

1. You'll never walk alone 
des supporters du club de foot de Liverpool



When you walk through a storm,

Hold you head up high,
And don't be afraid of the dark.
At the end of the storm,
There's a golden sky,
And the sweet silver song of the lark.
Walk on through the wind,
Walk on through the rain,
Though your dreams be tossed and blown...
Walk on, walk on, with hope in your heart,
And you'll never walk alone...
You'll never walk alone.
Walk on, walk on, with hope in your heart,
And you'll never walk alone...
You'll never walk alone...


2. El cant del Barça
des supporters du FC Barcelone


3. Les chants argentins

Les Borrachos del Tablon, supporters du club de foot de River Plate 

La Butteler, groupe des supporters de San Lorenzo de Almagro

4. Blowing bubbles
des supporters de West Ham
I'm forever blowing bubbles,
pretty bubbles in the air
They fly so high, they reach the sky
And like my dreams they fade and die
Fortune's always hiding,
I've looked everywhere
I'm forever blowing bubbles,
pretty bubbles in the air



5. les fans du Besiktas
en Turquie


6. Shosholoza
des supporters sud-africains

7. Olé, jetzt kommt der BVB
du Borussia Dortmund, en Allemagne


8. Les Ultras d'Ascoli
en Italie

vendredi 21 septembre 2012

50, nombre magique pour Kelly Slater

©ASP World Tour

En physique nucléaire, 50 est un nombre magique. Kelly Slater étant la bombe atomique du surf, on pouvait parier qu'il parviendrait à ce nombre de victoires en Coupe du monde.
C'est fait depuis hier, après sa victoire à Lower Trestles, en Californie, là où il a gagné la première fois en pro il y 20 ans.


A 40 ans, avec déjà 11 titres de champion du monde, l'Américain ajoute un nouveau record à son palmarès. 


© ASP World Tour
Il sera bientôt en France pour fêter ça, et surtout pour tenter de gagner des points utiles à la course au titre 2012, puisque le circuit fait étape à Hossegor à partir de vendredi prochain. Slater est actuellement 3e mondial.

© Quiksilver



Les adieux d'Alain Bernard à la natation


Ce soir, le Cercle des Nageurs d'Antibes affiche complet pour une grande fête dont le programme est tenu secret ! C'est le jubilé de trois nageurs : Christophe Lebon, Boris Steimetz… et surtout Alain Bernard.  

Le sprinteur de 29 ans a participé, lors des Jeux olympiques de Londres, à sa dernière course internationale. Ce soir, il met donc fin à une carrière de 15 ans.


A son palmarès, 4 médailles olympiques
- l'or au 100 m des JO 2008
- l'argent au relais 4x100m des JO 2008. L'une des images les plus douloureuses, où, dernier relayeur, il est devancé par les Américains de 8 centièmes à la touche…  
- le bronze au 50 m des JO 2008
- l'or au relais 4x100m des JO 2012, où il participe aux séries mais pas à la finale
Il a aussi eu 6 médailles en championnats du monde.


Que va faire désormais Alain Bernard ? Non seulement il range le bonnet, mais aussi le képi. Il devrait résilier d'ici à la fin octobre son contrat avec la Gendarmerie Nationale. Il a renoncé à y devenir pilote, un engagement "pas fait pour lui".
Il a été embauché par Homair, groupe n°1 européen de l'hôtellerie de plein-air. Dans les trois prochaines années, il va encadrer les animateurs des villages-campings, qui doivent organiser les activités de natation, d'aquagym et de secourisme pour le public.

Alain et Denis à l'Elysée, lundi ©facebook A. Bernard
Changement de cap aussi pour Denis Auguin, son fidèle entraîneur. Début juillet, à l'open EDF de Paris, il avait évoqué ce tournant. Lui va devenir directeur général du club d'Antibes.
« Entraîner Alain, je savais que c'était un job à durée limitée ! On a toujours fonctionné en sachant que ça allait s'arrêter. Et finalement, c'est une fierté d'avoir su anticiper ça dans nos vies. S'il me rappelle dans deux ans en voulant reprendre, je lui dirai "Va te faire voir, laisse-moi tranquille sur mon bateau !" De toute façon, à cause de notre amitié, on était arrivés à la limite de notre relation entraîneur-entraîné. »


vendredi 14 septembre 2012

"la magie du mascaret, c'est l'esprit de partage"


Le mascaret est une vague qui se forme dans l'estuaire de la Gironde quand la marée montante de l'océan Atlantique croise le courant de la Dordogne. L'onde créée par le choc remonte alors le fleuve… et devient un paradis pour les amateurs de glisse. Ce week-end, époque de grandes marées, le phénomène sera encore plus spectaculaire. Ce sera donc la fête à Saint-Pardon, un petit port hameau de Vayres.
Les champions de tandem, Rico Leroy, 39 ans, et Sarah Burel, bientôt 24 ans, vivent dans le sud-ouest et surfent le mascaret depuis une dizaine d'années. Dernière expérience en date, cet été. Je leur ai demandé leurs impressions.


 Rico et Sarah © Le Mascaret
 « Sur le mascaret, il n'y a qu'une bonne vague. Quand il y a du monde, on a donc une seule idée en tête : survivre !, raconte Rico Leroy. Ne pas tomber, ne pas se faire bousculer par son voisin, ne pas perdre la vague… Voilà l'enjeu ! Quand on est moins nombreux, on peut chercher à réaliser des courbes, des manœuvres, à générer un peu plus de vitesse. Alors la glisse devient plus intéressante.» Il ne faut pas venir sur le mascaret pour trouver des sensations techniques ultra-fortes. «La vague développe peu de puissance, ce n'est pas une ondulation qui déferle, précise Rico. En plus, l'eau non salée diminue la flottaison et modifie les effets hydrodynamiques qu'on connaît en mer». 

Sarah Burel @Bénédicte Salzes
Sa partenaire Sarah considère aussi que le mascaret est assez facile: «Pour les surfeurs, c'est de la glisse toute droite et moins rapide qu'en mer… Il faut juste savoir ramer pour garder la vague quand elle ramollit. Mais pour nous, en tandem, le mascaret présente quand même un gros avantage : pouvoir enchaîner les portés et les figures plus longtemps, plusieurs minutes au lieu de quelques secondes en mer ».  
Un enchaînement qui sollicite le physique : «Bizarrement, les bras ne sont pas les plus fatigués, rigole Rico. Ce sont les jambes. Ça brûle, de tenir sur la planche si longtemps! D'ailleurs, en surf, on dépasse rarement 10 minutes sur la vague. Mon record sur le mascaret est de 20 minutes, mais en pirogue, assis… »

Sarah a tendance à trouver le mascaret un peu rustique. Le manque de confort est un sujet de plaisanterie récurrent avec ses copines. «Se lever le matin très tôt, descendre dans la rivière en plein froid,  s'accrocher aux berges avec de la boue jusqu'aux genoux, ne pas voir le bout de ses doigts quand on plonge la main dans l'eau… Je ne suis pas fan. Mon côté superficiel, sans doute!»  



 Rico et Sarah © LTDT
Mais alors, où se cache la véritable magie du mascaret ? «C'est une vague infinie. On a l'impression qu'elle ne s'arrêtera jamais, s'enflamme Rico. Le matin, en arrivant aux aurores, on l'entend d'abord. Un grondement. Puis d'un coup, on voit arriver ce rouleau de 80 cm et le ride commence, dans un cadre magnifique. Le village de Vayres est très mignon, le coin aussi». Sarah, perchée sur les épaules de Rico, aime aussi ce panorama splendide : «De là-haut, je vois le paysage défiler, la beauté des berges, du port… Et puis surtout, il y a une super ambianceOn se parle, on se pousse, on rigole entre voisinsLe mascaret mélange toutes les disciplines, des gens de tous horizons. C'est bon enfant.» 

Rico Leroy
Voilà, on en parle… L'ambiance ! Le mascaret, c'est un partage. La seule valeur qui compte aux yeux de Rico. «Venir seul n'a aucun intérêt pour moi. J'aime être ici avec Sarah en tandem. Ou y amener quelqu'un qui ne l'a jamais fait…  Il y a peu de mascarets dans le monde. Quand des amis étrangers arrivent ici, ils sont toujours rebutés au départ. "Quoi ? Du surf sur une rivière ? Tu es fou ?" Mais ils repartent conquis parce que cette expérience est extraordinaire!» Avoir navigué sur le mascaret en pirogue avec son ami hawaïen Brian Keaulana reste le meilleur souvenir de Rico. «Il m'avait initié à la pirogue et à d'autres sports hawaïens chez lui, à Makaha. Alors j'étais fier de lui faire découvrir à mon tour une richesse de mon pays ! Il a adoré le mascaret. A l'origine, il était là pour une épreuve de Coupe du monde en Espagne, mais juste après, il est revenu pour surfer le mascaret plusieurs fois. C'était un bel échange…»



samedi 8 septembre 2012

Son amoureux vit l'ivresse des profondeurs, elle le raconte dans un film

Julie et Guillaume
Julie Gautier a 32 ans. Elle est en train de réaliser un court-métrage, appelé Narcose… Un projet qui mèle les amours de sa vie : l'apnée,  l'image et Guillaume Néry, son compagnon depuis sept ans. Récit.

Ses premières plongées ont lieu à La Réunion, son île natale. Dans le sillage de son papa, dont c'est le hobby, Julie Gautier pratique la chasse sous-marine. Plus tard, à 19 ans, elle découvre l'apnée. « Après avoir rencontré Guillaume, j'ai commencé à faire de la compétition et à battre des
records ».
Julie devient recordwoman de France avec une profondeur de 68 mètres en poids constant.

 
Une autre rencontre marque son destin : le photographe et metteur en scène Grégory Colbert, créateur de l'exposition nomade Ashes and snow. « Il m'a contacté pour des photos sous-marines et j'ai été son modèle, raconte Julie. Donc c'est là que j'ai fait mes premiers pas dans le monde de l'image et de la vidéo… Moi j'avais suivi des études de Staps et un masters d'aquaculture, autant dire que ça n'avait rien à voir avec une école de cinéma ! »

L'imagination visuelle naissante de Julie va rapidement être nourrie par les confidences que lui fait son compagnon Guillaume Néry à propos de ses narcoses. La narcose est aussi appelée l'ivresse des profondeurs. Un excès d'azote provoque ce trouble du système nerveux lors des descentes profondes en apnée. « Un jour, Guillaume s'est mis à me raconter précisément ce qu'il voyait pendant ses hallucinations. Moi, j'ai immédiatement interprété ça en images dans ma tête… mais ça a germé pendant 4 ans dans mon esprit. L'an dernier seulement je me suis lancée dans le projet d'un court-métrage sur ce sujet ».
Pour oser se lancer, il a fallu un déclic à Julie. Ce fut un miracle, une vidéo magique appelée Free fall, sortie fin 2010, déjà vue par plus de 12 millions de personnes sur youtube.
« L'été 2010, on était aux Bahamas. Guillaume m'a mis la caméra dans les mains. Je n'avais jamais filmé ! On a fait des images dans le Blue Hole, un puits naturel. On les montait le soir, lui avec ses connaissances techniques, moi avec mes critiques. Le lendemain, on repartait tourner ce qui nous manquait. Free fall a été spontané, artisanal, presque comme un film de vacances ! Mais j'ai adoré ce travail créatif, rechercher des idées sur les plans… »



Le succès public et médiatique de Free Fall provoque un électrochoc chez Julie. « D'abord, il m'a ouvert beaucoup de portes dans le milieu du cinéma, un monde à part auquel j'étais complètement étrangère. Et surtout, il m'a donné confiance. » Poussée par son ami chef-op
Jacques Ballard, Julie attaque alors son projet Narcose. Elle écrit le scénario avec une amie journaliste, Caroline Audibert

En 2011, elle tourne une première scène : un mariage sous-marin. « Guillaume m'avait confié qu'il nous avait vus nous marier dans ses hallucinations… Moi j'ai imaginé la cérémonie dans l'eau ! » Réussir cette première séquence était essentiel pour Julie : « C'est ce premier pas qui me faisait le plus peur. Or, j'ai vu que l'équipe s'amusait. Et que le rendu sur pellicule correspondait à ce que j'avais inventé dans ma tête. Ça m'a rassurée et ça m'a permis de poursuivre avec une certaine euphorie. »

Après une grossesse (Julie et Guillaume ont eu une petite fille), 2012 marque l'étape de la concrétisation. Julie cale son projet, mobilise une équipe (Jacques Ballard devient son chef.op), prévoit son budget et… affronte les galères : «2 semaines avant le tournage, la boîte de production qui devait me fournir le matériel m'a lâchée ». Julie fait, avec le teaser ci-dessous, un appel aux dons sur Ulule, un site où c'est le public qui finance des projets. Finalement, le tournage a lieu comme prévu début août. Guillaume Néry en est l'acteur principal. « Il n'y a alors plus eu de merdouilles, rigole Julie. Ça s'est passé avec une simplicité exemplaire ! »


Prochaine étape : le montage. Ce sera en octobre, avec Jérôme Lozano. « Je ne suis pas stressée mais je veux faire quelque chose de bien », affirme Julie. Le court-métrage durera de 8 à 10 minutes. Il devrait concourir dans les festivals de cinéma avant une diffusion sur Internet et, probablement, à la télévision. « Il racontera l'histoire d'une plongée avec ce que cela représente côté performance, mais aussi côté sensation… Par flashs, on suivra le voyage intérieur de Guillaume. En fait, Narcose, ce sera le ressenti de Guillaume vu par mon imaginaire à moi », précise la réalisatrice.



Facebook de Narcose : http://www.facebook.com/narcosebluenery
Merci à Julie pour sa gentillesse et pour l'utilisation des photos. © Jacques Ballard.

Nice : le passage du Grand Bleu à l'apnée moderne…


D'aujourd'hui au 15 septembre, Nice accueille les Championnats du monde d'apnée par équipe. L'organisation de cet événement à cet endroit ne relève pas du hasard. Petit historique…

On peut dire que l'apnée moderne apparaît à Nice, vers 1990, de la volonté de Roland Specker, champion d'apnée en lac, et Claude Chapuis, recordman d'apnée statique. 
Le Grand Bleu est sorti deux ans plus tôt. Les deux Français font partie d'une nouvelle génération de plongeurs, qui succède à celle de Jacques Mayol et à Enzo Maiorca, dont Luc Besson s'est inspiré. Le film a popularisé la discipline qui était jusque là confidentielle. Partout dans le monde, des apnéistes de plus en plus nombreux réalisent de plus en plus de performances… Mais de manière "anarchique". Les accidents de plongée sont nombreux. 

Roland et Claude, qui organisent des stages d'apnée à Nice, ne partagent pas cet esprit "trompe-la-mort" ou inconscient qu'ont souvent les enfants du Grand Bleu. Eux réalisent qu'il est temps d'encadrer la pratique, de promouvoir la sécurité et d'imposer des critères pour les records. Le 2 novembre 1992, Roland - et un cercle d'amis à l'esprit novateur dont le Niçois Loic Leferme - crée l'AIDA, l'association internationale pour le développement de l'apnée, sorte de "fédération" de la discipline.

A l'époque, Claude Chapuis organise aussi à Nice des mini-compétitions d'apnée. Il rêve de monter un Championnat. Aidé d'apnéistes dont l'Italien Umberto Pellizzari, il rédige le règlement d'un Championnat du monde par équipe. Première édition, en octobre 1996… à Nice. C'est la naissance de l'apnée de compétition, qui ne cessera de se développer, structuré par l'AIDA. 


Courses en duel dans lieu de rêve pour Fred Bousquet

Frédérick Bousquet est à San Francisco. Ce soir, il participera à la RCP Tiburon Sprint Classic, une course très originale. Elle se déroule chaque année dans une propriété privée : le jardin de la villa d'un ancien nageur américain, Tod  Spieker, au bord de l'océan Pacifique. Le bassin, long de 25 yards (22,86 mètres), ne comporte que 2 couloirs de nage… Un lieu étonnant !



Plusieurs champions olympiques (Dana Vollmer, Anthony Erving, Cullen Jones…) et des guests (comme Fred Bousquet ou Jason Lezak) sont annoncés. Ils s'affronteront donc en duels, en nage libre. Premier prix à la clé : 10 000 dollars.


Pour les spectateurs, triés sur le volet (il n'y a que 150 entrées), le billet coûte 500 dollars mais c'est l'occasion de voir l'action au plus près ! Ils peuvent aussi s'offrir une table avec dîner, pour 5 000 dollars. 
Les bénéfices des ventes sont reversés à deux organisations: 
• la USA Swimming Foundation. Cette branche de la fédération américaine de natation vise à développer la pratique sportive des enfants. Elle mène aussi une campagne de prévention contre les noyades.
 • une œuvre caritative. Cette année, c'est Hospice by the bay, une association qui soutient les personnes âgées et les services de soins palliatifs.






mise à jour : Fred a fini 4e, une vidéo ici :  



mardi 4 septembre 2012

La déception d'Arnaud Assoumani

Arnaud Assoumani a remporté hier sa 2e médaille d'argent aux Paralympiques de Londres. C'était au saut en longueur, sa spécialité, après celle du triple saut.
Mais l'athlète, qui fête ses 27 ans aujourd'hui, le vit comme un gros échec. Il rêvait de l'or et se dit très triste aujourd'hui…
Je vous conseille de lire ce texte qu'il vient de publier sur son facebook. Arnaud évoque le niveau d'exigence auquel il s'était élevé, l'ampleur du sacrifice qu'implique sa vie de champion, le rôle de ses proches et l'importance qu'il donnait aux résultats… C'est très fort.  


"Tout d'abord merci à tous pour vos messages, ça me touche beaucoup et ça me fait énormément plaisir!

Je suis très déçu du concours d'hier et de ma médaille d'argent, je le vis comme un échec. 

Je comprends que vous vous disiez "mais c'est une médaille d'argent aux Jeux Paralympiques, ce n'est pas rien!" Oui c'est exacte, seulement pour moi cette deuxième place ne récompense pas le travail, les sacrifices, les progrès et le niveau que j'ai eu pendant ces 4 dernières années. Je dominais le saut en longueur mondiale handisport de la tête et des épaules.
Oui cette année j'ai été blessé assez gravement. Je n'ai pas pu me battre pour la qualification olympique, c'était déjà très dur à encaisser. Je me suis donc battu tous les jours pour bien me soigner et pour revenir à mon meilleur niveau et avant de partir pour Londres, j'effectuais de très bonnes séances de sauts, bien au delà de ce que j'ai réalisé hier.
Hier, j'ai tout donné, et je n'ai jamais autant lutté de ma vie pour faire 7m10, la tête et le "pied" étaient là mais pas les jambes! C'était très frustrant car j'étais comme impuissant face à mon corps.

Alors lors de mon dernier essai, quand je comprends que je n'ai pas pu gagner ses 3 cm, je hurle de rage et d'impuissance, car les Jeux étaient presque chez nous. Lorsque je regardais le public, je voyais ces visages familiers: ma mère, mon père, ma soeur, des cousins et cousines, des amis, mon tuteur de sciences po, des supporters, pratiquement tous les gens qui me soutiennent depuis ces 4 dernières années. C'était encore plus déchirant, j'ai rarement été aussi triste, j'ai énormément pleuré, cette nuit encore (pourtant ce n'est que du sport). 

Je voulais leur dire par cette victoire "vous voyez quand je vous dis, je ne peux pas vous voir car je me repose, ou parce que je m'entraine, tous ces sacrifices que je vous ai aussi fait subir" c'est pour ces moments là"! Mais je n'ai pas gagné.

Il n'y a pas de justice dans le sport, ça je le savais déjà, seulement j'ai pu encore le constater hier. J'ai vécu cette défaite comme une sanction. C'est un moment incroyablement douloureux. J'avais honte, je me sentais humilié. La déception et la douleur que j'ai au fond de moi sera toujours présente, elle s'estompera juste avec le temps.

Je veux donc oublier ce concours, seulement je ne veux pas oublier ce jour. 
Pas oublier tous les personnes qui m'aiment et qui étaient présentes hier pour moi. Je n'ai jamais ressenti autant d'amour autour de moi. J'avais besoin d'eux.

J'ai reçu des centaines et des centaines de messages, c'est incroyable. Des messages très touchant, beaucoup m'ont refait pleuré. Je ne vous remercierais donc jamais assez pour toutes vos attentions. Je vais tenté de répondre à tout le monde, ça prendra juste un peu de temps.

Malgré la tristesse de cette journée, j'ai beaucoup appris.
Je me suis rendu compte de toute la fierté que mes proches, mes partenaires et mes supporters avaient pour moi. En réalité il n'y a que moi qui suis triste.

Hier en allant chercher de la glace, j'ai discuté avec "Tonia" qui travaille au sous sol de notre bâtiment, dans un bureau, qui ne voit pas la lumière du jours et pas une seconde non plus des Jeux. D'origine Australienne, elle vit maintenant en Sardaigne. On parle du plaisir de vivre dans un endroit où l'on se sent bien, etc... et qu'elle est venu à Londres juste pour travailler car chez elle il n'y a pas de travail. 
Je me suis dit, j'en ai de la chance de pouvoir faire ce que j'aime et en vivre, même si certains moments sont extrêmement difficile!
Je lui ai parlé un peu des raisons pourquoi ça n'allait pas, et puis de mon année, les blessures, l'agression... en lui disant que demain c'était mon anniversaire. 
Elle m'a demandé quel âge j'allais avoir?
Je lui ai répondu 27 ans! Elle m'a dit "haaah" avec un grand sourire "it's the end of a circle" (c'est la fin d'un cycle). Elle m'a dit en numérologie le cycle des "9" en numérologie, que la 27 ème années marquait la fin de ce cycle et en gros la fin des emmerdes! lol

Tout cela pour dire que maintenant tout ce qui vient ne sera plus que du positif après avoir vécu "la loi de murphy" cette année.

Par rapport à la défaite d'hier, je vais mettre un peu de temps à le digérer mais je vais rebondir, car je ne suis pas du genre défaitiste.

Les Jeux ne sont pas terminés et ma plus belle récompense, notre plus belle récompense serait qu'on aille chercher une médaille sur le relais 4x100m demain soir avec les amis! 

Puis il me reste encore le 100m jeudi.

Je donnerais toute l'énergie qui me reste pour terminer ces Jeux la tête haute, même les regrets seront éternels."