samedi 21 juillet 2012

Rencontre avec les stars de la natation française



Les 32 épreuves de natation des JO de Londres se tiendront au Centre aquatique dès samedi prochain, et jusqu'au 4 août. 900 nageurs, avec un maximum de 2 par pays sur chaque épreuve en individuel, s’y affronteront. Parmi eux, 29 Français : 12 filles, 17 garçons. Ils peuvent avoir de 5 à 10 médailles. Cette équipe de France de natation est rassemblée à Dunkerque (59) depuis le 16 juillet, jusqu’à son départ en Eurostar mardi. Il y a 15 jours, ils étaient à l'Open EDF de Paris. L'occasion pour moi de les interviewer.

KILOMÈTRES 
« Je parcours entre 14 et 16 kilomètres par jour en ce moment », témoigne Camille Muffat. Cette distance d’entraînement constitue la norme pour un nageur de haut niveau. Une séance tôt le matin, une autre en fin d’après-midi, six jours sur sept : tel est le programme classique. « Mon entraîneur me fait nager beaucoup car il sait que je suis capable d’encaisser, précise Camille. Plus je nage, plus je vais vite. À partir de cinq kilomètres, mes mouvements se décoincent, tout se met bien en place »

RÉPÉTER 
Enchaîner les mêmes gestes, pour que le corps s’en imprègne, c’est aussi la méthode de Laure Manaudou : « Par exemple, nous insistons sur le départ, la coulée, le virage… Des détails techniques qui peuvent faire la différence ! » Fabien Gilot, lui, se met « en mode olympique » une à deux journées par semaine : « Je m’inflige des entraînements plus durs, avec une vie réglée pour la performance. J’optimise ma récupération : pas question d’aller se balader en ville à l’heure de la sieste ! » 

FATIGUE
 Camille Muffat à Dunkerque en mars © P. Leroy
Mais ce rythme d’entraînement, instauré après les sélections olympiques de la fin mars, commence à user. « Je suis claquée, reconnaît Camille Muffat. J’ai du mal à me lever le matin… » Amaury Leveaux ajoute : « Depuis trois semaines, je mange moins, j’ai des charges de travail toujours aussi lourdes. Résultat, je me sens faible, j’ai des vertiges. Mais cette fatigue ne veut rien dire quant à mes prochains résultats. D’ailleurs, mes performances à l’entraînement s’améliorent. » 

IMPATIENCE 
Camille Lacourt à Dunkerque en mars © P. Leroy
L’approche des JO peut aussi mettre les nerfs à vif. « Je ressens de l’impatience, avoue Camille Muffat. Je me dis “ça arrive, ça arrive” et en même temps, je ne réalise pas ». Camille Lacourt, champion du monde 2011, est excité : « Londres sera un sacré défi pour moi. Je n’ai rien à perdre. Mais c’est la quantité de travail accompli qui donne cette sérénité ». Rien à perdre non plus pour Laure Manaudou, championne olympique en 2004, qui estime se situer entre les 8e et 10e places mondiales : « Viser un podium pour le moment, ce serait trop m’avancer.  » 

STATUT DE FAVORI 
Si se positionner en outsider peut être confortable, être favori engendre-t-il de l’angoisse ? « Non, je ne ressens pas de pression car ce que tout le monde espère pour moi, je l’espère aussi », dit justement Camille Muffat. Yannick Agnel, dominateur cette année, reste prudent : « Aux JO, tous les compteurs sont remis à zéro. J’aurai l’œil aiguisé sur la forme de mes adversaires le jour J. » La question de la confiance se pose pour Camille Lacourt, qui vient de se faire prendre le meilleur temps de la saison par un Américain. Réaction ? « Ce n’est pas ce qui se passe à un an ou un mois des Jeux qui compte. Un titre olympique me fait rêver depuis longtemps. Je ne vais pas changer d’objectif car un autre a nagé plus vite que moi ! » 

CONCENTRATION 
Yannick Agnel à Dunkerque en mars © P. Leroy
Avec la vie au village, le nombre d’athlètes, la médiatisation… les JO ne seront pas une compétition comme les autres. Il faut s’y préparer, surtout pour les novices. « Les Mondiaux 2011 à Shanghai m’ont donné l’expérience d’un grand rendez-vous et le bassin de Londres ne sera pas plus grand, relativise Yannick Agnel. Mais je sais qu’il faudra éviter de s’éparpiller dans le côté grandiose. » Camille Lacourt a déjà son plan d’attaque : « La première semaine des Jeux ne sera consacrée qu’à nos courses. On profitera du côté festif et des autres disciplines la deuxième semaine, comme spectateurs »

PIÈGES 
Selon son entraîneur, Romain Barnier, les Jeux présentent deux pièges majeurs qui font perdre de l’énergie : « Chercher les stars au village. Et croiser des athlètes plus costauds que soi. Par exemple, les nageuses vont se sentir petites en voyant les basketteuses ou les volleyeuses. » Leur ego aussi, il faut le muscler avant les JO. 

Propos recueillis par P. Leroy et publiés dans le journal l'actu (www.playbacpresse.fr). Photos des championnats de France,  à ne pas utiliser sans autorisation.

Laure Manaudou à Dunkerque en mars © P. Leroy




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