mardi 31 juillet 2012

Phelps… comprendre le phénomène


Michael Phelps est devenu ce mardi à Londres le sportif  le plus titré de l'histoire des Jeux olympiques. Au total, 19 médailles récoltées par l'Américain, âgé de 27 ans.


19 = 15 en or + 2 en argent + 2 en bronze
19 = 8 en 2004 + 8 en 2008 + 3 en 2012

Pour comprendre son talent, 2 vidéos sur sa préparation : la première est récente, la 2nde est antérieure aux JO de Pékin.





Natation : "toucher devant", ça implique quoi ?


Michael Phelps a perdu ce soir son 200 m papillon dans les derniers mètres, en réalisant une mauvaise touche… C'est-à-dire que, pour taper le mur d'arrivée et arrêter son chrono, il a arrêté son effort un petit peu trop tôt. Son adversaire sud-africain Le Clos, encore en mouvement de nage, l'a donc devancé de 5 centièmes. 

Ce résultat me donne l'occasion de zoomer sur cette partie essentielle de la course : l'arrivée. Dans le jargon des nageurs, gagner, c'est "toucher devant". Explications.


Dunkerque 2012 © P.Leroy
Les plaques de chronométrage 
Inventées par le chronométreur officiel Omega, elles furent instaurées aux JO de Mexico en 1968. Hautes de 90 cm et larges de 240 cm, elles sont immergées aux deux-tiers. C'est le nageur qui stoppe manuellement son propre temps, en appuyant sur la plaque en fin de longueur. 
La pression qu'il exerce dessus doit être de 2 kilos et demi minimum (en général, elle monte à 40-50 kilos). Les plaques sont, en effet, réglées de telle façon qu'elles restent insensibles à une pression inférieure, comme celle de 1 kilos et demi provoquée par les vagues de la piscine.  

Des murs pas droits ?
Selon le réglement de la FINA, la fédé internationale, les chronos en natation sont mesurés au centième de seconde depuis 1976. On ne descend pas au millième : même si la technologie permet ce niveau de précision, les résultats ne doivent pas être enregistrés, ni divulgués. Des nageurs dans le même centième sont déclarés ex-aequo. 
La raison ? Sur 100 mètres, 1 millième de seconde représente un centimètre d'avance. Pour mesurer au millième, il faudrait donc être sûr que toutes les lignes d'eau sont d'une longueur égale. Or, aucune architecture ne peut garantir une telle perfection. Donc aucun intérêt à descendre au millième. C'est le lien entre la physique et la statistique…
Il y a eu un précédent. Aux JO de Munich 1972,  sur le 400m quatre nages, Gunnar Larsson bat Tim McKee de 2 millièmes. Les défenseurs du perdant prétendent alors que la peinture sur le mur d'arrivée du Suédois est plus épaisse qu'au couloir de l'Américain !

Dunkerque 2012 @ P.Leroy
Le tempo du toucher 
Reste l'art du toucher. Pour le réussir parfaitement, il faut respecter la règle, comme de poser les 2 mains pour la brasse ou le papillon. Et assurer 2 éléments : 
- arriver dans le bon rythme de bras… Même si la fréquence et l'amplitude de nage se travaillent, il y a un facteur de chance.
- arriver le plus à plat, le plus aligné possible. En touchant sous le niveau des épaules, il y a risque de déséquilibre et donc de perte de temps.

Article inspiré et en partie alimenté par des informations du blog Le grand bain en avant réalisé lors des Mondiaux 2011.


lundi 30 juillet 2012

Yannick Agnel et les "propulseurs invisibles"

septembre 2011 à Paris ©P. Leroy

Au micro de Nelson Montfort, après son titre sur 200 m nage libre à Londres, Yannick Agnel a remercié ses supporters de twitter et facebook : ce sont ses "moteurs", ses "propulseurs invisibles", a-t-il dit… Anecdotique, à la sortie d'un bassin où l'on vient d'être champion olympique, de faire référence aux réseaux sociaux ? Non. J'ai l'impression qu'il s'agit d'une preuve de son humilité, qui est sa qualité majeure, et de son lien avec la réalité.


Dunkerque 2012 © P. Leroy
Yannick Agnel nage environ 15 kilomètres par jour à l'entraînement. En 2010, il a été champion de France en maillot de bain, quand tous ses concurrents portaient les fameuses combinaisons (interdites depuis). Il poursuit des études (une école de commerce), aime la politique, chante du Barbara et cite Victor Hugo quand d'autres nageurs ne parlent que de longueurs… Il brille dans les bassins depuis 2 ans. Il fait partie d'une grosse écurie marketing : EDF et a de gros sponsors comme Nabaiji. Et aujourd'hui, en 2 titres olympiques en 24 heures, il crée l'emballement des médias qui lui prédisent un avenir de "roi de la natation française". 
Cette vie de sportif de haut niveau - les voyages, les sollicitations, les avantages, l'adréaline - n'est pas une vie tout à fait réelle… C'est un monde virtuel qui, même s'il ne dure qu'un temps, peut monter à la tête. Yannick ne semble pas s'y enfermer. Le seul endroit où Yannick se montre extra-terrestre, c'est dans l'eau. Le reste du temps, j'ai l'impression qu'il demeure un Terrien bien ancré dans le sol. Sur les réseaux sociaux, il revendique sa normalité de jeune homme de 20 ans. Il y partage ses goûts (Justice en musique, par exemple), des clips (Gainsbourg et La Noyée, dernièrement, que j'ai adoré réentendre), des impressions ("magique" est son mot favori depuis quelques jours), des commentaires sur ses entraînements, ses performances en jeux vidéo, ses vacances… 

Yannick embrasse le public à Dunkerque © P. Leroy
Le lien avec le réel, donc, est là. Dans cette connexion, d'ordinateur à ordinateur, avec les autres. Ses potes le vannent. Sa petite amie le submerge de mots doux. Son frère le soutient. Il y a là aussi des anciens copains de lycée, des cousins, sa mère… Et puis une foule de supporters, dont je fais partie. Personnellement, quand je l'ai contacté via facebook pour mon blog, en dehors du circuit journalistique officiel,  Yannick a toujours lu mes messages d'encouragement ou mes demandes, y répondant d'une manière très sympathique. Il m'a même claqué la bise lors de notre première rencontre, à Paris, en septembre dernier ;-)

Bref, selon moi, ce sont cette politesse, cette chaleur, cette connivence avec son public qui font de Yannick un mec sain. Et mon chouchou n°1 dans la natation française. Donc je ne suis pas près de quitter le club des propulseurs invisibles.


Souvenir : Ugo Legrand à l'entraînement avec Teddy Riner

Photos réalisées lors d'un entraînement à l'INSEP, ouvert aux médias, fin janvier. 
Face-à-face entre Ugo Legrand, médaillé de bronze aujourd'hui à Londres en -73 kilos, et Teddy Riner, qui sera en lice en +100 kilos vendredi…








dimanche 29 juillet 2012

Coralie Balmy enfin sous les projecteurs


Angers décembre 2008 @ P. Leroy
J'aime la natation mais je suis loin de pouvoir me revendiquer comme spécialiste. En 2008, quand je suis allée aux Championnats de France en petit bassin à Angers, premier grand rendez-vous post-Pékin, j'avais "craqué" pour Coralie Balmy. Je me souviens avoir écrit son portrait pour le journal Mon Quotidien en misant sur elle comme athlète de l'année 2009. Son talent, son joli minois, sa relation avec Alain Bernard… j'avais l'impression que beaucoup de choses en elle pouvaient attirer l'attention.

Les années qui ont suivi m'ont plutôt donné tort. La nageuse reste une discrète. Elle s'entraîne avec Franck Esposito à Antibes, un club moins exposé médiatiquement que ses cousins sudistes, Nice ou Marseille. Depuis 2003, sa spécialité est le demi-fond : le 400 et le 800 m nage libre, moins populaires que le sprint. Côté palmarès, ses places d'honneur (au 400 m : 4e aux JO 2008, 5e des Mondiaux 2009) l'ont tenue à l'écart des caméras, plus souvent tournées vers Laure Manaudou à une époque, ou Camille Muffat aujourd'hui. De plus, cette jeune femme n'est pas du genre à se mettre en avant. Réservée, elle est simple et proche de la nature, comme le prouve la formation qu'elle a suivie pour le diplôme d'auxiliaire en santé animale. 

© FFN
Mais, à 25 ans, les choses pourraient enfin changer à Londres. Il y a quelques semaines, déjà, Coralie avait remporté un titre de championne d'Europe sur le 400m. "Cela m'a mis vraiment en confiance pour les JO, disait-elle à Paris, début juillet, en conférence de presse. Je suis plus déterminée qu'en 2008. Cela peut permettre d'aller jusqu'à la touche. Mon but, c'est d'avoir au moins une 4e ou une 5e place". La différence, c'est l'expérience, qui lui permet d'avoir moins peur. "Aujourd'hui, j'ai davantage conscience des choses. En étant plus jeune, on prend les choses comme elles viennent. En vieillissant, on se dit qu'on n'aura plus de prochaine fois…" Confiance et maturité, un cocktail qui peut faire très mal. 


mise à jour au mercredi 1er août : après sa finale en 400m, Coralie a été médaillée de bronze au relais 4x200m et courra demain matin les séries du 800m.

vendredi 27 juillet 2012

Adidas et le Lol Project

Mercato, c'est une rubrique qui explore le sport côté marques, sponsoring, business…


Depuis septembre 2009, David Kenphotographe né en Belgique et installé à Paris, mène le Lol Project. Le défi : immortaliser des éclats de rire. Pour le côté marketing, il s'est associé au publicitaire William Lafarge. Les 2 hommes ont fait connaître leur idée dans le monde entier, s'associant à des projets humanitaires (dans des hôpitaux…) ou à des marques.
C'est le cas d'Adidas qui a demandé à David de photographier ses athlètes avant Londres. 
Voici quelques exemples.
Arnaud Assoumani, athlé paralympique

Yohann Diniz, marche 
Myriam Soumaré, sprint
Jimmy Vicaut, 100 m


Gaetane Thiney, foot

Alexis Vastine, boxe

Benjamin Compaoré, triple saut

Teddy Riner, judo

Gevrise Emane, judo

Assia el Hannouni, athlé paralympique

Nicolas Batum, basket

Joe Wilfried Tsonga, tennis



Nouveau spot de Nike : la grandeur est accessible à tous


Mercato, c'est une rubrique qui explore le sport côté marques, sponsoring, business…

Voici "Find your greatness", le dernier spot international de Nike, sorti pour les JO de Londres. Il est réalisé par la mégafirme américaine Wieden & Kennedy qui a, entre autres, les budgets de Coca-Cola, Levi's, Kraft… et qui a fait aussi la pub "Merci Maman" de Procter & Gamble.


VO


Version française


P&G, version française

jeudi 26 juillet 2012

JO : ces athlètes pris sans flag


Apatrides. Qualifiés d'un point de vue sportif, mais hors-normes d'un point de vue administratif. C'est le cas de plusieurs athlètes qui se présenteront aux épreuves des JO  comme "indépendants", sous les couleurs du drapeau olympique. Explications.

Seul un Comité National Olympique peut présenter un athlète aux Jeux. Cet organisme constitue, dans un pays, une subdivision du Comité International Olympique. Son rôle est de développer, promouvoir et protéger, sur le territoire de ce pays, le mouvement olympique. En général, quand l'ONU reconnaît l'indépendance d'un Etat, le CIO fait de même. Ainsi, les derniers CNO créés sont ceux de Tuvalu (Océanie) et du Montenegro (sud de l'Europe) en 2007.

Il y a, actuellement, 204 CNO. Leur nom est codé par 3 lettres : BRA pour Brésil, GBR pour Grande-Bretagne ou encore GER pour Allemagne… Aux JO, sont représentés l'hymne et le drapeau de l'Etat auxquels ils correspondent. Sauf l'exception de Taiwan, région indépendante depuis 1949 mais sur laquelle la Chine revendique sa souveraineté. Ses athlètes viennent donc de "Taipei de Chine", son drapeau est celui de son CNO et c'est l'hymne olympique qui est interprété dans les cérémonies.

Cette année, il y a des "soucis" avec 2 autres cas.

• Le Soudan du Sud. Le pays, qui a fait sécession avec la République du Soudan en juillet 2011, n'a pas eu le temps de créer un CNO. 
L'athlète Guor Marial, 28 ans, vient d'obtenir l'autorisation de concourir comme indépendant à Londres. Il s'était qualifié pour le marathon, en octobre 2011, en réalisant les minimas. Son pays d'origine n'a pas d'équipe olympique et, de toute façon, Guor n'en a pas le passeport. Il n'est pas non plus citoyen des Etats-Unis, pays où il s'était réfugié après s'être échappé d'un camp de travail à l'âge de 8 ans. Et il se refusait à concourir pour le Soudan, qu'il accuse d'avoir tué des milliers de personnes, dont des membres de sa famille, lors des années de guerre. Le CIO lui a donc permis de s'aligner sous les couleurs olympiques. Sa présence à Londres sera un beau cadeau : « Même si je ne peux pas porter son drapeau, je serai le drapeau de ma nation. Le Sud-Soudan sera dans mon cœur», a-t-il dit. 
• Les Antilles néerlandaises. Elles ont été rattachées à la fédération du Royaume des Pays-Bas en octobre 2010 et le CIO a dissolu leur CNO dès juillet 2011, en plein milieu de l'olympiade. 
Les athlètes des 5 îles, dont Cuaraçao, ont obtenu le droit de continuer à préparer les JO de Londres normalement, comme indépendants. C'est le cas de : Philipine van Aanholt, 20 ans, en voile (laser), Reginald de Windt, 28 ans, en judo (moins de 81 kilos) et Liemarvin Bonevacia, 23 ans, en athlétisme (400m).

mardi 24 juillet 2012

les JO… vus de la chaise d'arbitre !

DR

Wolfgang Lund travaille comme moi à Playbac Presse : il s'occupe des relations avec les jeunes lecteurs et stagiaires, et il est l'assistant du chef. 
Mais cet homme mène une double vie ! Il est l'un des 50 arbitres internationaux de badminton… Crème de la crème, il a été sélectionné dans le groupe de 24 arbitres qui vont officier aux JO de Londres. Interview au bureau, avant son départ.

Tu pars à Londres ce mercredi. Pourquoi si tôt ?
En arrivant, je dois récupérer et essayer ma tenue officielle. J'ai envoyé mes mensurations par mail il y a quelques mois… mais il faut vérifier que tout va bien ! Jeudi, on va visiter la Wembley Arena. L'occasion de prendre ses repères, de voir les terrains, de s'asseoir sur la chaise, de prendre possession du matériel. Un briefing, ainsi que des répétitions d'entrée et de sortie du terrain, sont aussi organisés. Et vendredi, j'ai un billet pour assister à la cérémonie d'ouverture, en tribune.

As-tu déjà ton planning d'arbitrage ?
Non. Je sais juste que tous les arbitres devront être présents au premier jour du tournoi, samedi. Ensuite, on sera répartis en deux groupes et on n'officiera qu'un jour sur deux. Le tournoi s'étale sur 9 jours. Au début, il y a beaucoup de matchs de poule, dans 5 catégories (simple hommes, simple femmes, double hommes, double dames et double mixte). Ils sont programmés de 8h30 à minuit. Ensuite, seuls les meilleurs arbitres continuent en phases finales…

Quels sont les critères ? Tu seras noté sur ton arbitrage ?
Noté non, mais regardé oui. Il faudra avoir respecté le devoir de neutralité et la charte de bonne conduite. Ne pas avoir fait de fautes grossières. Ensuite, il y a des enjeux d'équilibre entre les continents, de parité hommes-femmes… 4 juges-arbitres, nos responsables, se concertent pour décider. 
Wembley Arena ©london2012

Des précautions sont-elles particulièrement prises pour protéger 
les arbitres, pour garantir leur indépendance ?
Déjà, on n'arbitre jamais des matchs impliquant des joueurs de son pays. Ensuite, les arbitres sont logés dans un hôtel différent de celui des joueurs. Dans le stade, on a des zones séparées, des vestiaires différents pour ne pas trop se rencontrer. Mais ce n'est pas plus strict que ça, on peut se croiser dans les allées… 

Quels avantages as-tu reçus pour les JO ?
Mondiaux à Paris, août 2010 © P. Leroy
Le CNOSF m'a donné une dotation Adidas, sponsor officiel. Il s'agit d'une valise, remplie d'une chemise, d'un t-shirt, d'une trousse de toilettes, d'une gourde, d'un parapluie, d'une casquette, d'un sac à dos… On a eu ausssi une tenue "de défilé". Notre trajet pour Londres est payé par la fédération internationale. Le comité organisateur des JO nous loge et nous offre une carte d'accès gratuit aux transports en commun de la ville. Les jours de matchs, nous aurons une sorte de panier-repas pour manger.

Et pas d'argent ?
Si, une indemnité de 1300 dollars (environ 1000 euros). Je n'avais jamais eu autant… Normalement, l'arbitrage est bénévole.

Tu auras consacré tes 7 semaines de congés payés, cette année, à l'arbitrage. 
Oui, il fallait que je me prépare aux JO. J'ai arbitré des championnats d'Europe par équipe en février à Amsterdam, des Mondiaux par équipe en mai en Chine… Mais aussi un tournoi à Birmingham, en mars : le All England, parfois surnommé le "Old England" parce que c'est la plus vieille étape du circuit. Et enfin, j'étais à un tournoi en Indonésie, où le public est fou de badminton, où 10 000 personnes hurlent dans le stade, comme au foot… C'était impressionnant !

Les JO, c'est plus dur que ce que tu as arbitré jusqu'à présent ?
Le rythme sera moins intense. Mais l'ambiance sera plus solennelle, ce sera plus cadré, plus carré, par exemple sur le protocole, les horaires… 

Tu as le trac ?
Je commence à avoir des papillons dans le ventre, oui ! Mais je crois que je réaliserai vraiment en enfilant le costume officiel, une fois à Londres.

Très longue interview de Wolf sur ce site :

docu télé : la face cachée d'Usain Bolt


Jeudi, en prime-time, France 2 diffusera "Usain Bolt, l'homme le plus rapide du monde", un documentaire de 1h25 réalisé par Gaël Leiblang, journaliste français. Le DVD sortira vendredi. Visionnage, en avant-première.  


Usain Bolt a 25 ans. Sa Jamaïque est un décor de rêve, une terre ensoleillée qui sent la noix de coco et les épices, et où résonne le reggae. A Kingston, il mène une vie dorée dans une résidence chic. Amis, barbecues, parties de dominos, jeux vidéo… il s'amuse. En Europe, il enchaîne les meetings surpayés, logé dans des hôtels de luxe, dans des pays où les médias et les sponsors le vénèrent. En course, il garde cette facilité déconcertante, ses mimiques, sa provoc, ses titres, ses records… S'y ajoute aussi un indéniable charisme. Sa posture, son sourire éclatant et sa décontraction séduisent. 

En s'arrêtant à ces aspects-là du champion, Gaël Leiblang n'aurait fait qu'enfoncer des portes ouvertes… Heureusement, son documentaire nous emmène découvrir l'intimité du personnage. Pendant 7 mois, le reporter a filmé, en coulisses, une face plus sombre. Celle des accidents de parcours, comme le faux départ au 100 m des Mondiaux de Daegu en 2011. Mais celle, surtout, de l'entraînement, des efforts, de la lutte contre le renoncement. La sueur, le vomi, la douleur. "Beaucoup de gens qui me voient courir se disent que c'est facile, naturel. Mais avant d'en arriver là, c'est dur, c'est du boulot, témoigne Bolt. Ce sont des jours et des jours de sacrifices, de souffrance. A certains moments, tu as envie de tout laisser tomber, de rentrer chez toi. Certains matins, tu ne veux pas aller sur la piste. Mais tu n'as pas le choix."

"C'est compliqué de mener une vie de superstar, dit son entraîneur Glenn Mills. Toutes les superstars connaissent ce dilemme. Trouver un juste milieu entre toute cette excitation, cet empressement autour de sa personne et le travail à fournir pour rester un athlète de haut niveau". C'est selon moi la grande force du reportage. On comprend que chaque moment de la vie de Bolt présente ce défi : être un jeune homme normal et être un énorme champion. Il faut allier le sérieux et l'humour, l'attachement à la famille et les voyages incessants, la fête et la religion, les excès et l'hygiène de vie, le protocole et le dilettantisme, l'ambition personnelle et l'esprit d'équipe… Mais si Bolt est une pépite, c'est parce qu'il maîtrise parfaitement ces alliages.


Billet du journaliste sur la manière dont il a obtenu le droit de réaliser son docu : 

dimanche 22 juillet 2012

Une Togolaise de 13 ans sera la benjamine des JO

© london2012

La délégation togolaise à Londres compte pour l'instant 6 athlètes. Parmi eux, Adzo-Rebecca Kpossi, une nageuse engagée sur le 50 mètres nage libre. Née le 25 janvier 1999, elle arrive aux JO âgée de 13 ans ! Ce sera la benjamine de la compétition, toutes disciplines confondues.

L'an dernier, l'adolescente avait participé aux Mondiaux de Shanghai : elle avait terminé avant-dernière des séries, soit 87e sur 88, avec un chrono de 44 secondes et 60 centièmes (en gros un podium mondial se joue autour des 24 secondes 20). "Le grand bain en avant", l'excellent blog du Monde, l'avait interviewée. Elle avait alors déclaré rapidement, en vrac :  "J’ai commencé la natation à 2 ans, et à 3 ans j’ai eu ma première médaille en compétition nationale…  J'aimerais bien aller 
aux JO de Londres… Je veux être pédiatre."

© le grand bain en avant
C'est sûr que la jeune fille vivra difficilement de la natation. Le Togo, qui possède peu de structures sportives, a participé à 9 éditions des JO et n'en a rapporté qu'une médaille de bronze, celle en 2008 du kayakiste Benjamin Boukpeti, alors porte-drapeau. Dans le pays, il n'y a pas de piscine publique et encore moins, évidemment, de bassin de 50m. Adzo s'entraîne en piscine privée.



Mais au Togo, la vraie priorité concernant l'eau n'est pas la performance des nageurs… mais celle de l'eau potable. Rappelons que seuls 39%  de la population ont accès à l'eau potable. Un quart des habitants ne disposent pas, à moins de 30 minutes de marche, d'une source ! Et 31% de la population togolaise seulement dispose de latrines ou de moyens d’assainissement convenables. Chaque année, en France, la Nuit de l'eau est organisée par la Fédération de natation et l'Unicef pour aider le Togo. Elle permet de récolter, à travers des animations nocturnes dans les piscines, de l'argent pour financer des programmes qui visent surtout les écoles.


Adzo, en tout cas, tu as le soutien de Spoportivement !


samedi 21 juillet 2012

Rencontre avec les stars de la natation française



Les 32 épreuves de natation des JO de Londres se tiendront au Centre aquatique dès samedi prochain, et jusqu'au 4 août. 900 nageurs, avec un maximum de 2 par pays sur chaque épreuve en individuel, s’y affronteront. Parmi eux, 29 Français : 12 filles, 17 garçons. Ils peuvent avoir de 5 à 10 médailles. Cette équipe de France de natation est rassemblée à Dunkerque (59) depuis le 16 juillet, jusqu’à son départ en Eurostar mardi. Il y a 15 jours, ils étaient à l'Open EDF de Paris. L'occasion pour moi de les interviewer.

KILOMÈTRES 
« Je parcours entre 14 et 16 kilomètres par jour en ce moment », témoigne Camille Muffat. Cette distance d’entraînement constitue la norme pour un nageur de haut niveau. Une séance tôt le matin, une autre en fin d’après-midi, six jours sur sept : tel est le programme classique. « Mon entraîneur me fait nager beaucoup car il sait que je suis capable d’encaisser, précise Camille. Plus je nage, plus je vais vite. À partir de cinq kilomètres, mes mouvements se décoincent, tout se met bien en place »

RÉPÉTER 
Enchaîner les mêmes gestes, pour que le corps s’en imprègne, c’est aussi la méthode de Laure Manaudou : « Par exemple, nous insistons sur le départ, la coulée, le virage… Des détails techniques qui peuvent faire la différence ! » Fabien Gilot, lui, se met « en mode olympique » une à deux journées par semaine : « Je m’inflige des entraînements plus durs, avec une vie réglée pour la performance. J’optimise ma récupération : pas question d’aller se balader en ville à l’heure de la sieste ! » 

FATIGUE
 Camille Muffat à Dunkerque en mars © P. Leroy
Mais ce rythme d’entraînement, instauré après les sélections olympiques de la fin mars, commence à user. « Je suis claquée, reconnaît Camille Muffat. J’ai du mal à me lever le matin… » Amaury Leveaux ajoute : « Depuis trois semaines, je mange moins, j’ai des charges de travail toujours aussi lourdes. Résultat, je me sens faible, j’ai des vertiges. Mais cette fatigue ne veut rien dire quant à mes prochains résultats. D’ailleurs, mes performances à l’entraînement s’améliorent. » 

IMPATIENCE 
Camille Lacourt à Dunkerque en mars © P. Leroy
L’approche des JO peut aussi mettre les nerfs à vif. « Je ressens de l’impatience, avoue Camille Muffat. Je me dis “ça arrive, ça arrive” et en même temps, je ne réalise pas ». Camille Lacourt, champion du monde 2011, est excité : « Londres sera un sacré défi pour moi. Je n’ai rien à perdre. Mais c’est la quantité de travail accompli qui donne cette sérénité ». Rien à perdre non plus pour Laure Manaudou, championne olympique en 2004, qui estime se situer entre les 8e et 10e places mondiales : « Viser un podium pour le moment, ce serait trop m’avancer.  » 

STATUT DE FAVORI 
Si se positionner en outsider peut être confortable, être favori engendre-t-il de l’angoisse ? « Non, je ne ressens pas de pression car ce que tout le monde espère pour moi, je l’espère aussi », dit justement Camille Muffat. Yannick Agnel, dominateur cette année, reste prudent : « Aux JO, tous les compteurs sont remis à zéro. J’aurai l’œil aiguisé sur la forme de mes adversaires le jour J. » La question de la confiance se pose pour Camille Lacourt, qui vient de se faire prendre le meilleur temps de la saison par un Américain. Réaction ? « Ce n’est pas ce qui se passe à un an ou un mois des Jeux qui compte. Un titre olympique me fait rêver depuis longtemps. Je ne vais pas changer d’objectif car un autre a nagé plus vite que moi ! » 

CONCENTRATION 
Yannick Agnel à Dunkerque en mars © P. Leroy
Avec la vie au village, le nombre d’athlètes, la médiatisation… les JO ne seront pas une compétition comme les autres. Il faut s’y préparer, surtout pour les novices. « Les Mondiaux 2011 à Shanghai m’ont donné l’expérience d’un grand rendez-vous et le bassin de Londres ne sera pas plus grand, relativise Yannick Agnel. Mais je sais qu’il faudra éviter de s’éparpiller dans le côté grandiose. » Camille Lacourt a déjà son plan d’attaque : « La première semaine des Jeux ne sera consacrée qu’à nos courses. On profitera du côté festif et des autres disciplines la deuxième semaine, comme spectateurs »

PIÈGES 
Selon son entraîneur, Romain Barnier, les Jeux présentent deux pièges majeurs qui font perdre de l’énergie : « Chercher les stars au village. Et croiser des athlètes plus costauds que soi. Par exemple, les nageuses vont se sentir petites en voyant les basketteuses ou les volleyeuses. » Leur ego aussi, il faut le muscler avant les JO. 

Propos recueillis par P. Leroy et publiés dans le journal l'actu (www.playbacpresse.fr). Photos des championnats de France,  à ne pas utiliser sans autorisation.

Laure Manaudou à Dunkerque en mars © P. Leroy




vendredi 20 juillet 2012

Intouchables

Ce billet aurait pu s'appeler Les Immortels. Parce qu'il concerne des hommes dont le souvenir ne s'effacera jamais de nos mémoires. C'était il y a 20 ans, c'était hier, c'était fabuleux.


1992. JO de Barcelone. Pour la première fois, les Etats-Unis alignent dans leur équipe de basket leurs meilleurs joueurs, c'est-à-dire les pros de NBA, et non pas les universitaires.
La composition de la sélection est énorme. 
Il y a d'abord un trio de choc : la légende Larry Bird, la star montante Michael Jordan et Magic Johnson, qui n'a pas joué de la saison depuis l'annonce de sa séropositivité. Suivent le bad boy Charles Barkey, l'élégant Scottie Pippen, Patrick Ewing et puis John Stockton, Clyde Drexler, Chris Mullin, Karl Malone, Christian Laettner et David Robinson. 
Un assemblage de joueurs qui va devenir, sous le management du coach Chuck Daly, le meilleur groupe de tous les temps, la Dream Team.

J'avais 17 ans à l'époque et j'ai adoré suivre le tournoi olympique. Jamais je n'oublierai ces 12 noms, ces 12 talents. Malgré leur ego et leur talent individuel, ils ont développé un vrai sens du jeu collectif, jouant en toute décontraction, souriant… et assommant leurs adversaires : 8 matchs, 8 victoires. 

L'Equipe a décidé de nous replonger au cœur du parcours  mythique de la Dream Team avec l'opération "Le rêve continue". 
Vingt ans après, le journaliste Jérôme Cazadieu propose un webdocumentaire avec des images d'archives mais surtout des interviews récentes des joueurs qui nous racontent la formation de l'équipe, sa notoriété auprès des fans du monde entier, l'ambiance en coulisses… Le film montre aussi que cette génération a ouvert une ère nouvelle, celle du basket business. Mais honnêtement, c'est le rire de Magic Jonhson, et son discours lors de l'intronisation de l'équipe au Hall of Fame en 2010, le plus émouvant dans cette vidéo.
Samedi, un hors-série sur le même thème sortira.






vendredi 6 juillet 2012

Muse présente le clip de Survival, hymne olympique




C'est du Muse tout craché et, pourtant, ce n'est pas d'une inspiration renversante… Je trouve cela même légèrement agaçant à écouter. Mais ce sera l'hymne officiel des Jeux Olympiques. Voici Survival


La chanson doit faire partie du prochain album du groupe britannique en septembre, elle est déjà en vente sur les sites de téléchargement. Surtout, elle sera jouée à Londres à l'entrée des athlètes sur leur lieu de compétition, lors des remises de médailles et pendant les retransmissions télévisées.

Le clip, présenté hier, revient en 3 minutes sur les éditions précédentes.
Pour des questions de copyright, vous serez redirigés sur youtube pour le visionner…

Race
Life's a race
But I'm gonna win
Yes, I'm gonna win
And I'll light the fuse
And I'll never lose
And I choose to survive
Whatever it takes
You won't pull ahead
I'll keep up the pace
And I'll reveal my strength
To the whole human race
Yes, I am prepared
To stay alive
I won't forgive
Vengeance is mine
And I won't give in
Because I choose to fight
Yeah, we're gonna win

Race
It's a race
But I'm gonna win
Yes, I'm gonna win
And I'll light the fuse
And I'll never lose
And I choose to survive
Whatever it takes
You won't pull ahead
I'll keep up the pace
And I'll reveal my strength
To the whole human race
Yes, I'm gonna win
Yes, I'm gonna win