vendredi 28 mai 2010

La rédemption par le basket de Marion Jones

Elle remercie Dieu. Cite l'évangile. Souligne l'intensité de ses efforts à l'entraînement. Vante l'esprit d'équipe. Fait des discours devant des étudiants pour leur expliquer « comment faire de meilleurs choix dans la vie ». Affirme qu'elle est « une nouvelle personne », qu'elle a beaucoup appris. Elle, c'est Marion Jones, 34 ans. L'ancienne athlète US, un temps reine du sprint, star déchue après un scandale de dopage, fait aujourd'hui son retour dans le sport de haut niveau, dans le basket.

Chaque jour, sa rédemption se mue, sur les réseaux sociaux et dans les médias, en un show à l'américaine. Marion assure un exercice de communication à la Tiger Woods. Mère de famille, elle devient une publicité vivante pour les valeurs moralo-religieuses chéries outre-atlantique. Mais elle prend réellement un sacré virage dans sa vie. Un virage auquel j'ai envie de croire, un virage qui me touche, moi qui aime l'idée de la deuxième chance.

Rappel des faits. En 2007, après avoir avoué sa consommation de stéroïdes, Marion est privée de ses 5 médailles olympiques, dont 3 d'or, remportées aux jeux de Sydney en 2000.
En 2008, elle purge une peine de 6 mois de prison au Texas pour "parjure", pour avoir longtemps nié son rôle dans l'affaire Balco (laboratoire mis en cause dans un réseau de dopage impliquant des stars de l'athlé, du baseball ou du foot américain).
Des journaux américains affirment aussi qu'elle est ruinée, après avoir dilapidé toutes ses primes de performances…

Mais depuis quelques mois, sortie des faits divers, Marion réapparaît dans les chroniques sportives. Elle renoue avec le basket, son premier amour, la discipline dans laquelle elle avait gagné le championnat universitaire en 1994. La Tulsa Shock Team, équipe de WNBA (pendant féminin de la NBA), l'a recrutée. Indésirable sur les pistes, mais accro à la compétition et physiquement affutée, Marion joue désormais sur les parquets la "rookie" de luxe, la joueuse appliquée et l'équipière modèle.

Pour l'instant, elle n'a joué qu'un quart d'heure en 3 matchs dans ce début de saison. Mais je me moque de ce que seront son niveau technique et ses performances. Je trouve qu'il faut quand même du courage pour se mettre en danger de nouveau comme elle le fait. Elle a dit : « J'ai fait le choix de ne pas disparaître, de ne pas rester dans un trou et de m'exposer aux autres, à leur jugement et à leurs critiques, en espérant que cela (son histoire) les aide dans leur vie ».

© Marion et son n°20, merci à Pardeep Toor, Media Relations Manager des Tulsa Shock

vendredi 21 mai 2010

ils auraient pu être pros dans quel autre sport ? (édition spéciale de la p'tite info glanée sur…)

«Dans quelle autre discipline que la tienne aurais-tu aimé être "pro" ?»
C'est la question que j'ai posée à certains sportifs ces dernières semaines…
Voici leurs réponses !!

Simon Fourcade, biathlète :
« Le patinage de vitesse pour sport individuel, et le rugby ou le hockey sur glace comme sport d'équipe »

Julien Lizeroux, skieur :
« La NBA, j'adore ça »

Yannick Agnel, nageur :
« Le tennis »

Ophélie David, skieuse et "marraine" de ce blog :
« Je fais du vtt de descente l'été, j'aimerais être meilleure dans ce sport… mais si je pouvais choisir d'être "pro" , je pense que ce serait en surf... mon séjour récent dans les Landes m'influence beaucoup! »

Teddy Tamgho, athlète :
« Du foot en Premier League, le championnat anglais, ou en NBA avec les Heats de Miami »

Gauthier de Tessières, skieur :
« Le tennis »


© photo de J. Lizeroux, G. de Tessières et O. David, que j'ai prise fin mars pendant la séance de dédicaces des Coqs d'or à l'Alpe d'Huez

lundi 17 mai 2010

la p'tite info glanée sur… LeeAnn Curren *11

Toujours le même thème : la chanson préférée du moment !

Pour la surfeuse LeeAnn Curren, c'est «Crying», de tv on the radio
vidéo live http://www.youtube.com/watch?v=ltIuF1NacIA

LeeAnn était en compétition à Hossegor le week-end dernier mais était déçue d'avoir perdu au premier tour… Sur son blog, elle dit vouloir «s'entraîner plus, surfer plus et prendre plus de temps pour elle»… c'est sa «stratégie» pour le reste de la saison !
http://leeanncurren.blogspot.com/

samedi 15 mai 2010

la p'tite info glanée sur… Teddy Tamgho *10

10e sportif participant à ma petite série musicale… Teddy Tamgho.
Ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant il va falloir le retenir !

En mars, ce jeune athlète français de 20 ans est devenu champion du monde du triple saut en salle à Doha. Au passage, il a battu le record du monde, avec un bond de 17,90 mètres.
Teddy vient de changer d'entraîneur. Il est en stage ces jours-ci à Lyon avant d'attaquer la saison en plein air.

Sa chanson préférée du moment c'est : Serial Kickeur de Sydney Okemba et Tairon Matondo
(2 rappeurs de Dreux)
Lien vers le blog musique de Tairon Matondo en cliquant sur le titre de ce billet…





© Photo : capture écran de la page d'accueil de son site officiel :
http://teddy-tamgho.e-monsite.com

jeudi 13 mai 2010

D'Acapulco à La Rochelle (plongeon extrême 1/2)



Les trompe-la-mort d'Acapulco
Petite, dans un parc d'attractions de ma région, j'assistais à des exhibitions de "plongeurs d'Acapulco". Je doute qu'ils venaient réellement du Mexique… Mais le tremplin me paraissait très haut, ils y grimpaient très vite par une échelle étroite et leurs plongeons m'impressionnaient beaucoup !
Exporté dans l'industrie du spectacle, le plongeon de haut-vol n'en est pas moins une tradition bien réelle à Acapulco. Depuis toujours, des trompe-la-mort se jettent du haut des falaises qui surplombent la baie, parfois de 35 ou 40 mètres. On dit qu'à l'origine, ce sont les pêcheurs qui plongeaient pour aller débloquer leurs hameçons prisonniers des rochers. Aujourd'hui, les "Clavadistas" assurent le show pour les touristes, moyennant finance, comme sur la falaise de La Quebrada où ils sautent torche en main à la nuit tombée. Ils choisissent avec soin le moment de leur envol pour le synchroniser avec le mouvement des vagues et éviter que le ressac ne les projette sur les récifs…





De l'olympique à l'extrême
C'est à Acapulco, justement, que le Français Hassan Mouti est tombé sous le charme du plongeon extrême, après 6 années de plongeon dit "olympique", en bassin, depuis des tremplins de 3 ou 10 mètres. «J'ai toujours aimé plonger. Gamin, à la piscine, j'effectuais déjà des saltos pour épater ma famille, rappelle-t-il. Mais en 2003, après une blessure et une baisse de régime, j'avais besoin de changer de discipline". Il effectue alors ses premiers sauts à 25 mètres. Et, à la suite de son voyage au Mexique, découvre le circuit Red Bull.
Aujourd'hui, ce "Red Bull Cliff Diving World Series" est un véritable championnat du monde. Il emmène 12 plongeurs dans 6 "spots", en Europe et en Amérique, entre mai et septembre. A chaque fois, les concurrents réalisent 3 plongeons (2 imposés et 1 libre) et sont notés par un jury sur le départ, les figures et l'entrée dans l'eau, à la fois sur un plan technique et esthétique.



Comment en vivre ?
La Rochelle constitue la première étape de la saison 2010, ce samedi 15 mai. La plateforme de départ est installée en haut de la tour Saint-Nicolas, dans le port. Hassan Mouti est l'un des 2 tricolores en lice dans cette compétition avec Cyrille Oumedjkane. Pour ce Strasbourgeois, concourir en France est une aubaine. «La présence des médias à La Rochelle me permet d'obtenir de la visibilité et du matériel photo et vidéo pour démarcher les sponsors», explique-t-il. Aucun des plongeurs extrêmes ne vit de son sport. Tous ont une autre activité. «Certains font des spectacles. Avant j'étais salarié d'une entreprise, mais là je suis au chômage», raconte Hassan.
Aidé financièrement, il pourrait faire du plongeon extrême une activité à temps plein car il abat un gros entraînement physique et technique ! «D'abord, je muscle le bas du corps, le premier à entrer dans l'eau, pour éviter les blessures, décrit-il. Je fuis les exercices en salle car je crains l'ennui ! Je préfère le vélo, le badminton… » Ensuite, vient la préparation des acrobaties : «Je répète mes figures sur trampoline, je fais de la gym d'assouplissement et le travail des saltos au sol et enfin, je révise départ et entrée dans l'eau en piscine sur tremplin de 3 mètres».



Sécurité et magie
L'entraînement et la "discipline" sont nécessaires pour empêcher les accidents. «On n'est pas des fous furieux, on ne se jette pas de n'importe où !, afffirme Hassan. Si, en vacances, j'ai envie de plonger d'un rocher, je demande à quelqu'un de descendre m'attendre dans l'eau, je vérifie la profondeur et je fais des figures simples… Je ne veux pas battre des records à tout prix!» Une fois la sécurité assurée, place au plaisir. «J'aime la mer, la plage. Il existe des endroits magnifiques pour plonger. Comme à Hawaï, où j'étais en voyage récemment, au milieu des bananiers! Mais mon endroit préféré, c'est Wolfgangsee, un lac d'Autriche où le tremplin est accroché à la falaise. On l'atteint après avoir grimpé dans les bois. Le public nous observe depuis des dizaines de canöés et de bateaux. » On imagine aisément la magie d'un tel lieu…



© Red Bull Photofiles
1. Plongeur Alain Kohl, à Portovenere (Italie) - Photo : Dean Treml - avril 2009
2. Plongeur Joey Zuber, à Kimberley (Australie) -
Photo : Mark Watson- juin 2004
3.
Plongeur Artem Silchenko, à Sisikon (Suisse) - Photo : Dean Treml - septembre 2009
4. Plongeur Orlando Duque, à Hambourg (Allemagne) -
Photo : Marcel Lammerhirt - août 2008
5. Portrait Hassan Mouti, à la Rochelle -
Photo : RayDemski.com - mai 2009
6.
Plongeur : Hassan Mouti, à Dhermi (Albanie) - Photo : RayDemski.com - août 2008
7. Plongeur : Orlando Duque, à Malpelo Island (Colombie ) - Photo : Camilo Rozo - novembre 2009
8. A Antalya (Turquie) - Photo : Nuri Yilmazer - août 2009



Dans la tête de l'ange… (plongeon extrême 2/2)

Un plongeon extrême, c'est un tremplin à 25 mètres de haut, 2 secondes dans le vide et une entrée dans l'eau à 100 km/h… Description par Hassan Mouti.



«Sur le tremplin, seule compte la concentration. Je me mets dans une bulle. Je ne prête
attention à rien d'autre qu'à mon plongeon. Je ne pense qu'aux automatismes, répétés à l'entraînement, que je vais devoir appliquer. Je n'entends plus rien, même pas le public en bas.»



«Dans mon plongeon préféré, je pars de dos, avec les orteils sur le tremplin. En sautant, je n'ai pas ce haut-le-cœur sur lequel tout le monde m'interroge. En une dizaine de mètres, je dois réaliser un maximum de vrilles pour avoir la meilleure note possible. Au cours de ces rotations, la sensation de vitesse est forte, je sens le vent sur mon visage… c'est exceptionnel! Je suis probablement en apnée instinctive… La respiration n'est pas un domaine sur lequel je travaille.»




«Déjà je prépare l'arrivée. Je finis par un salto, un demi-tour qui me permet de voir la surface. Pour pénétrer dans l'eau sans me blesser, mon corps doit être tout droit. L'impact est violent, il déclenche une puissante décharge. Et en même temps, je ressens un soulagement mental. C'est très contradictoire. Le choc physique est tel que j'ai systématiquement des courbatures dans les 2-3 jours suivant un plongeon.»


«L'eau me ralentit d'un coup. J'y descends à maximum 5 mètres de profondeur. Cette partie de plongée n'est pas ma préférée : je suis plus à l'aise dans l'air ! Mais je n'ai pas peur de l'eau et je maîtrise mes mouvements. Il ne me reste alors qu'à me laisser remonter tranquillement pour ne pas me faire mal…»



© Red Bull Photofiles
1. A Antalya - Photo : Dean Treml
2. A la Rochelle -
Photo : RayDemski.com
3. A Sisikon, en Suisse - Photo : Samo Vidic
4. A
Dhermi, en Albanie - Photo : RayDemski.com

mercredi 12 mai 2010

la p'tite info glanée sur… Simon Fourcade *9




Dernier arrivé dans les sportifs "amis" de Spoportivement, le biathlète Simon Fourcade, 26 ans. Il vit à Villard de Lans, est militaire et membre de l'équipe de France.
Cette saison, il a fini 7e du classement général de la Coupe du monde de la spécialité et a participé aux Jo de Vancouver (6e en relais). Il vient de rentrer d'une compétition au fond du Kamchatka en Russie.

Son frère cadet Martin est également biathlète (médaillé d'argent à Vancouver).
Leur site (pas bien actualisé, mais sympa quand même) : www.fourcadebrothers.fr

Voici ce que Simon me répond via facebook sur ses goûts musicaux du moment :
«Actuellement, j'aime bien Absynthe Minded. Sinon dans un genre musical complètement different, plus "tonique" et parce que c'était période de fête, Feel your body de Michael Mind.»

http://www.youtube.com/watch?v=6z5FsNdeY18 (en lien : cliquer sur le titre du billet)
http://www.youtube.com/watch?v=LyhLc_QfQUk

© CISM 2008, avec l'aimable autorisation de Simon Fourcade

mardi 11 mai 2010

la p'tite info glanée sur… Ophélie David *8

J'ai pris des news d'Ophélie David, 7 fois lauréate du Globe de cristal de skicross.

Elle prépare la saison prochaine. Des changements de staff décidés par la fédé la privent de son préparateur physique habituel.
Ophélie reconnaît qu'il a fallu digérer la nouvelle. Elle réfléchit au projet de monter sa propre cellule d'entraînement… Pas simple financièrement!

Côté musique… Ophélie dit avoir des goûts "hétéroclites". Elle écoute 2 groupes en ce moment:
• Coconut Records, avec une préférence pour la chanson "West Coast" (cliquez sur le titre de ce billet pour l'écouter)
• Black Rebel Motorcycle Club, et la chanson "Sweet Feeling"… Mais elle adore l'intro de "Beat the Devil Tatoo"

Je rappelle qu'Ophé a été la première à me soutenir sur cette idée de blog. Elle est donc "la marraine", et apparemment lectrice fidèle, de Spoportivement. On lui envoie des bisous!



© Ophélie et sa fille Lilou à l'Alpe d'Huez fin mars…

samedi 8 mai 2010

Popo chez les poids lourds (1/3)

Prologue

Jeudi 6 mai, un peu avant 20h, 81 boulevard Masséna, Paris 13e. Dans ma poche, un billet pour "Le défi de Jean-Marc Mormeck, acte II" à la halle Georges-Carpentier. Une soirée que le boxeur français, promoteur depuis un an, a organisée et dans laquelle il va combattre. Après quelques matchs d'autres tricolores, il sera la superstar du jour… C'est ma première expérience de boxe en live.

Sur le trottoir de la halle, je me demande une dernière fois ce que je suis venue faire là. Défilent dans ma tête l'imagerie cinématographique de la boxe (les Rocky, un peu et Million Dollar Baby, surtout) et quelques noms comme Mohammed Ali et Marcel Cerdan… Mais plus mes pas me rapprochent de l'entrée, plus je ressens mon immense incompétence dans ce sport. En fait, je n'y connais rien, vraiment rien. La violence des coups me rebute. Ma présence ici, au nom d'une «expérience inédite qui fera bien sur mon blog», ne frôle-t-elle pas le ridicule ?

Je ne suis pas encore à la grille et déjà, je me fais une idée de la population qui composera le public. A quelques mètres des motos, une Ferrari rouge clinquante, d'où sortent 3 mecs en «jeans-chemise blanche-Ray Ban», se gare. Tout comme une camionnette à la peinture verte égratignée et à l'autocollant Bobigny, conduite par un homme aux mains abîmées. Je ne peux pas rêver mieux comme cliché ! Le 16 et le 93. Le bling-bling et l'ouvrier. Le people et le populaire. Unis par la même passion de la boxe? Je demande à voir.



Il faut contourner la halle pour y entrer, par l'arrière. Parviennent déjà à mes oreilles les premières clameurs des spectateurs et la voix du speaker. Je me rassure : je suis venue pour ça, pour une ambiance. Une fois passé le contrôle, je découvre la salle : une très belle architecture, une chaleur impressionnante, plus de 5000 personnes dont 90% d'hommes, quelques vedettes (Belmondo, Lelouch, Thuram…). Et surtout un léger brouhaha qui, malgré le combat en cours, dévoile une sorte de tension dans l'air … Je ne suis pas déçue : de l'ambiance il y en a ! Je file à ma place, secteur Nord, J57.

Je vais assister à 3 combats avant celui de Mormeck. Je me dis que ça me permettra d'apprivoiser ce milieu inconnu dans lequel je me suis immergée. Je pose mon sac, je sors mon appareil photo, je relève enfin les yeux vers le ring. Et là, pas besoin de temps d'adaptation : sans préavis, le coup de foudre immédiat.


Popo chez les poids lourds (2/3)

Comment la boxe m'a mise KO


La force du folklore. L'entrée des boxeurs sous les «hourras» réclamés par le speaker, la musique à fond. Leur avancée vers le ring, en agitant déjà les poings. Pour certains, le peignoir, un habit de lumière aussi inutile que ridicule ! Puis les projecteurs sur le "carré magique". Les regards noirs, l'intimidation. Et c'est parti. Les premiers coups, que j'identifie : uppercuts, crochets, jabs, directs … Les mouvements des pieds, très techniques, très travaillés. Variations, enchaînement, rapidité, amplitude… C'est de la danse ! Je trouve ça magnifique.






Moments étranges où les boxeurs s'enlacent, comme s'ils se reposaient cou contre cou. Comme une fusion que l'arbitre vient interrompre. Il sépare les adversaires qui réattaquent de plus belle, s 'envoient dans les cordes, s'éclatent les arcades sourcilières, se frappent au sang. Ils se jaugent, tentent des coups bas, changent de rythme, restent en garde, avancent, reculent, esquivent, feintent… C'est un jeu, théâtral et brutal. Un duo en même temps qu'un duel. Envoûtant.




Des «Oooooh», «Cogne !», «Fume-le !» ou «Arrache-lui les molaires» fusent. Le public est chaud-bouillant mais sain, discipliné, attentif. Loin des bourrins que j'imaginais. Quand toute la salle, debout, hurle d'une seule voix «Mor-meck, Morm-meck !» ou quand, au contraire, elle retient son souffle dans le silence… impossible de ne pas avoir la chair de poule. C'est une véritable ferveur, contagieuse.


Entre deux rounds. La seule note de vulgarité vient de la blonde (une pouf, comment l'appeler autrement ?), heureusement huée, qui montre le panneau indiquant le numéro de la reprise. Sur les coins du ring, les soigneurs maternent leurs poulains autant qu'ils les bousculent. Ils essuient leur front, massent leurs épaules, soignent leur visage, leur donnent à boire au biberon… Et leur gueulent des consignes que je n'entends pas, mais que j'imagine être des électrochocs. Ce face-à-face, yeux dans les yeux, me fascine. Jusqu'à cette cloche, ce "ting" marquant le retour à la guerre. «Soigneurs dehors !», annonce le speaker.


C'est reparti, pour un énième round. Les coups reprennent. Parfois, l'un plus fort que les autres sonne un boxeur. Le regard embrumé, la lucidité perdue, celui-ci vacille quelques secondes. J'ai mal pour lui et peur de le voir finir KO. Mais il se reprend. Être boxeur, c'est évidemment être capable d'encaisser. Cette force me sidère.



Le match Mormeck-Oquendo est le plus impressionnant. Des poids lourds, des bûcherons. L'Américain a des paluches immenses et une envergure de 2,03 mètres. Pour résister à ce tank, Mormeck s'applique. Les 2 corps, habillés de shorts larges et ringards, ruissellent de transpiration. Ça brille. C'est beau.

Les boxeurs s'épuisent mais ne lâchent rien. Sauf dans l'un des matchs, que l'arbitre décide d'arrêter pour "sauvegarder l'intégrité physique" d'un des concurrents, considéré en danger. Dans les autres combats, les derniers rounds sont souvent les plus spectaculaires. Comme le 10e de Mormeck, sublime d'intensité.


Fin du combat. Qui a gagné ? Les juges délivrent leurs points. L'arbitre tient dans chacune de ses mains le poing d'un combattant. Lequel lèvera-t-il vers le ciel? C'est un moment de suspense mais, bizarrement, pas le moment le plus intense. L'honneur des boxeurs s'est joué bien avant, pendant les rounds. Quand Mormeck est déclaré vainqueur, de nombreux spectateurs ont déjà commencé à descendre des tribunes. Le résultat compte, mais pas autant que la manière dont s'est déroulé le combat, pas autant que la beauté du geste. C'est ça que les passionnés retiendront. En sortant de la salle, KO par tant d'émotions, je me dis que c'est ce que je retiendrai aussi.

vendredi 7 mai 2010

Popo chez les poids lourds (3/3)


J2M : Docteur gentil et Mister fight



Nombreux sont les témoignages sur la simplicité, l'accessibilité, la timidité de ce gros nounours. Un beau bébé de 1,82 mètre et près de 100 kilos… de tendresse ? Oui, Jean-Marc Mormeck est un gentil. Un beau gars looké, poli, plutôt intelligent, au discours posé.

Mais le fait d'enfiler les gants le transforme en une machine de guerre. Mutation radicale en tireur d'élite. LE tireur d'élite, ou plus précisément the Marksman in english. Ce surnom révèle son âme de combattant. A VSD qui lui demande «A quoi pensez-vous sur le ring ?», J2M répond: «Les gens croient parfois que la boxe, ce n'est qu'un show. A tort. Quand je regarde un type dans les yeux, je ne pense qu'à lui casser la tête. Simplement». C'est dit !


Dans la catégorie des mi-lourds, Mormeck avait tout gagné : 34 victoires sur 38 matchs, ceintures mondiales et distinctions en tous genres. Pas du genre à se reposer sur des lauriers perdus en deux ans d'absence, il revient depuis quelques mois avec un objectif : s'imposer chez les poids lourds.

Le match gagné jeudi, et d'autres chocs prochainement, font donc office d'entraînements de luxe dans le but ultime : devenir champion du monde de cette catégorie dite reine. J2M, 37 ans, n'y aura pas une progression facile. Mais il affirme que l'entraînement physique conserve son corps et qu'il rêve de revanche. Comment ne pas aller trop loin ? Toujours à VSD, Mormeck répond par une interrogation : «Quand il est trop tard, on dit que c'est le combat de trop, mais comment le savoir?». Risque avoué… à moitié assumé.

la p'tite info glanée sur Teddy Riner *7

J'ai arrêté le jeune judoka une seconde dans les coulisses de la halle Carpentier (où il a assisté ce jeudi 6 mai au match de Mormeck) pour lui poser la question fatidique "Quelle est ta chanson préférée du moment ?"

Il m'a répondu "J'écoute tout le temps Christophe Maé… Je ne sais plus le titre mais ça fait ça : J'aiiiiii (et il chantonne quelques secondes)… tu vois ? (et il file)"
Oui je vois, Teddy, c'est le dernier single qui s'appelle J'ai laissé (clip visible en cliquant sur le titre de ce billet).

Rappel : âgé de 21 ans, Riner est médaillé de bronze olympique (2008) et double champion du monde (2008-2009) de judo en poids lourd


© la photo affreuse, obscure, floue et mal cadrée est de moi !

lundi 3 mai 2010

La sirène française du championnat du monde de surf…


Son nom de famille est Curren. Elle aurait pu être confinée au statut de "fille de". La fille de Tom, surfeur californien, l'un des premiers vrais pros, triple champion du monde en 1985, 1986 et 1990, bref une légende. Mais elle s'est fait un prénom, LeeAnn, qu'on ne sait jamais comment écrire mais qu'on retient. Une solide étiquette de "meilleure surfeuse française" lui colle désormais à la peau.

Et oui, LeeAnn Curren, 20 ans, est française. Née à Biarritz, elle y pratique dès 10 ans le même sport que son papa. «Je ne le voyais pas très souvent quand j'étais gamine, me raconte-elle, ayant accepté de répondre à mes questions par mail. Mais je me souviens qu'une fois, quand il nous a rendu visite, on est allés surfer à Anglet et il nous a dit que c'était "comme les Fidji". Et, en effet, c'était parfait ! J'ai eu le premier tube de ma vie et j'en garde un super souvenir.»

Le surf devient très vite la priorité de LeeAnn, passionnée. «Tous les étés, je ne faisais que ça toute la journée, dit-elle. J'ai su que je voulais devenir professionnelle à 14 ans : j'avais plein d'amies sur Biarritz qui surfaient et on s'est mises à surfer tous les jours, même l'hiver. L'été d'après, j'ai fait des compètes et j'ai eu des résultats. Et j'ai eu mon premier sponsor avec Roxy. »


Les études abandonnées à l'âge de 18 ans, LeeAnn écume le circuit junior et engrange 2 titres de championne d'Europe en 2007 et 2009. Cette année marque sa première saison WCT, le championnat du monde "élite". LeeAnn ne semble pas avoir trop de mal à s'y plaire : «J'aime pratiquement tout car ça a toujours été un rêve pour moi d'être dans ce top 17. Parfois ce n'est pas facile d'être tout le temps en déplacement ou quand les résultats ne sont pas à la hauteur de mes espérances… Mais je ne changerai de métier pour rien au monde!»


Pour une éventuelle reconversion, une alternative toute trouvée s'offrirait à LeeAnn : la musique. Encore une chose apprise de son père ! Elle joue de la guitare avec des amis. Tom Frager, ancien surfeur et désormais 100% chanteur (il cartonne en ce moment avec Lady Melody), l'a aussi invitée sur le duo All I can do, sur son album Better days.


Pas encore rockstar, LeeAnn voyage partout pour le surf. Sa préférence se porte sur l'Indonésie: «un endroit magnifique avec des vagues parfaites et des gens sympas». Elle aime aussi beaucoup le Mexique, la Nouvelle-Zélande et le Brésil. Le circuit WCT l'emmènera début juin au Pérou. En attendant, la frenchie, actuelle 12e du classement mondial, s'apprête à une compétition au Portugal à la fin de cette semaine.


En France, cette jeune fille sexy et talentueuse n'a pas encore la reconnaissance médiatique qu'elle mérite. Un regret ? «Pas vraiment, ce n'est pas mon but d'être célèbre ou quoi que ce soit, affirme-t-elle. Tout ce que je veux, c'est avoir un bon équilibre dans ma vie, réaliser mes objectifs et faire ce que j'aime.» Elle s'avoue d'ailleurs «tranquille et timide»… même si elle ajoute «déterminée». Je n'en doutais pas.

© Photos : Roxy ou blog de de LeeAnn (leeanncurren.blogspot.com). Merci à elle pour l'autorisation de publication.

© Pour entendre le duo avec T. Frager, cliquer sur le titre de ce billet

LeeAnn et les petits surfeurs des favelas

Spoportivement ne peut que promouvoir et soutenir un beau projet de LeeAnn. Elle le développe avec son boyfriend Andre Silva. Elle nous explique !


«Mon copain vient d'une favela au nord du Brésil, Titanzinho. Nous sommes allés là-bas ensemble plusieurs fois. A chaque fois, on surfe avec des gamins vraiment doués, mais qui sont livrés à eux-mêmes. Ils n'ont souvent pas les moyens d'avoir du matériel de surf. Alors on s'est dit qu'on pouvait essayer de faire quelque chose pour eux et pour toute leur communauté. On est en train de monter une association (Association Surf And Hope) pour les aider à continuer de surfer, à aller à l'école et à rester loin des drogues, des gangs etc.


Pour l'instant, on a réussi à trouver une prof d'anglais qui donne des cours toutes les semaines. Récement, de nombreux pros comme Mick Fanning, Bobby Martinez, Stephanie Gilmore nous ont donné des planches de surf… Mon sponsor Roxy va nous aider à organiser une vente aux enchères à Londres en octobre pour récolter des fonds. Et aussi on est en train de faire un film, "Titan Kids", qui va raconter un peu notre aventure, et il devrait être fini en octobre.»


© Une vidéo "teaser" de ceprojet est visible en lien, en cliquant sur le titre de ce billet (4 min 14)
© Blog : titanzinhokids.blogspot.com
© Merci à LeeAnn pour l'autorisation de publier les photos